Après l’appel lancé, il y a deux ans à son gouvernement, à «accélérer les réformes», Ali Bongo appelle, cette fois sans jamais citer à qui est adressé le propos, à «une nouvelle ère de la gouvernance publique» pour laquelle il souhaite un effet immédiat, précisant : «pas dans cinq ans, ni même dans trois ans».

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Le billet Makaya de L’Union du samedi 30 décembre 2017 avait, semble-t-il, lancé le tempo : «Puisse 2018 voir réellement nos mentalités évoluer et le droit triompher»… Ce après avoir brossé en quelques lignes le bilan de l’année 2017 : «Chez nous, l’année qui s’achève n’a pas été la hauteur de nos attentes. (…) Sur le plan économique, 2017 a été une mauvaise cuvée, car on n’a pas atteint tous nos objectifs ; (…) Oh ! on rendra encore responsable la crise économique pour les promesses non tenues, de la morosité, mais il y a la possibilité de rectifier. Conséquence : le social fait du surplace ; sans oublier l’administration qui fonctionne au point mort. Normal, quand certains responsables sont plus préoccupés à piller le pays au nez et à la barbe de Mamba dont ils se fichent».

Dans son discours à la Nation du 31 décembre dernier, Ali Bongo affirme : «J’entends faire de 2018 une année marquée du sceau de l’efficacité. Car (…) les mesures que j’ai détaillées ont pour ambition d’améliorer les services à la population à travers des actions de mise en oeuvre rapide et à fort impact social, n’ont pas vocation à produire leurs fruits dans cinq ans, ni même dans trois ans. Elles doivent avoir un impact immédiat, dans l’année qui vient, autrement dit en 2018».

Et le chef de l’Etat d’ajoute, plus loin : «C’est donc un changement radical de gouvernance que j’entends mettre en oeuvre et qui s’appuie lui-même sur un changement radical de méthode. Nous ne pouvons plus nous offrir le luxe d’attendre. Les méthodes doivent évoluer. L’heure est au pragmatisme. L’heure est au concret. Et je ne tolérerai plus aucun retard, ni obstacle, dans la mise en oeuvre de ces projets». Sans jamais citer à qui s’adresse cet appel à bien faire, Ali Bongo affirme : «L’année 2018 doit nous mettre sur la voie d’un développement véritable, équitable et durable».

Il y a deux ans, le chef de l’Etat avait appelé le gouvernement Ona Ondo à accélérer les réformes. Doit-on en conclure que ces instructions n’avaient pas été suivies et appliquées ? Cette fois, Ali Bongo ne cite ni le gouvernement, ni l’administration. Question : mais qui donc est chargé de la mise en oeuvre des projets présidentiels ? À qui ne tolérera-t-il plus aucun retard ? Indexer nommément les responsables n’aurait-il pas été plus opérant, plus fécond ?