Viré sans ménagement du gouvernement il y a quelques mois, l’ex-vice Premier ministre n’a pas moins rompu son «alliance objective» avec le président de la République qu’il présente comme l’homme de la situation, en dépit de la contestation de son pouvoir par une partie de l’opposition.

Ben Moubamba et Ali Bongo, en novembre 2016 à Libreville. © D.R.

 

Des mois après sa sortie du gouvernement, Bruno Ben Moubamba n’en veut toujours pas à Ali Bongo. Beaucoup s’en faut. «Quasi-visionnaire», le président de l’Alliance pour le changement et le renouveau (ACR) dit avoir eu conscience depuis longtemps que le chef de l’Etat, bien que contesté par une partie de l’opposition, est «à court terme»«la seule personne qui peut paradoxalement faire bouger les lignes au Gabon». «C’est le chef de l’Etat. Il est au pouvoir, il a le pouvoir», a-t-il rappelé, vendredi 16 février, tout en conseillant à Ali Bongo «d’écarter enfin tous ceux qui empêchent l’application des décisions nécessaires et qui n’en font qu’à leur tête, au mépris  du bien commun».

Si Bruno Ben Moubamba se permet à nouveau de porter conseil au président de la République, c’est parce que les deux hommes ont «une sorte d’alliance objective pour le bien du pays». C’est, en tout cas, ce que l’opposant croit savoir. Et cette «alliance», a-t-il assuré, «est intacte»«pour le moment».

Seulement, des mois après, le président de l’ACR semble encore sentir le goût amer du fait que son allié ait «laissé ses pseudo-amis l’écarter de la gouvernance du pays». «Je pense qu’il en constate comme nous tous les conséquences négatives, ne serait-ce qu’avec l’arrêt du programme des dix mille logements par an et le pillage du foncier qui a repris de plus belle», a-t-il déclaré, convaincu d’avoir laissé un vide au gouvernement après son limogeage.