Président du Rassemblement républicain et socialiste (RRS), exilé depuis le 2 octobre 2016 en France, à la suite des émeutes postélectorales, Alfred Nguia Banda estime dans une interview accordée à l’hebdomadaire L’Aube du 2 octobre 2017, que «les extrémistes Téké et leurs associés» constituent les adversaires des autres communautés de la province du Haut-Ogooué.

Alfred Nguia Banda lors de la présentation de son parti le 30 avril 2016 à Libreville. © D.R.

 

Exilé depuis un an en France et faisant désormais partie de la diaspora gabonaise dite résistante, Alfred Nguia Banda, l’ancien directeur général de la Société gabonaise d’entreposage des produits pétroliers (SGEPP), s’est durement attaqué aux «extrémistes» de l’Ethnie Téké. S’exprimant à travers une interview dans l’hebdomadaire L’Aube du 2 octobre, il n’a pas hésité à les qualifier d’«ennemies des communautés du Haut-Ogooué», et partant, le pouvoir en place.

L’ancien hiérarque du Parti démocratique Gabonais (PDG), plusieurs fois directeur général d’entreprises publiques, souligne que les Téké et les Obamba, «comme d’autres peuples altogovéens, ont un seul adversaire, voire un seul ennemi : les extrémistes Téké et un groupuscule de collabos-opporto-situationnistes Obamba dont la mal gouvernance, la gabegie et les privilèges indus, les atteintes aux droits de l’homme ont plongé le Gabon dans le chaos actuel».

Interrogé sur ce qui apparaît, dans la rumeur au Gabon, comme une querelle entre Obamba et Téké, deux communautés majoritaires de cette province du sud-est du Gabon, dont est issu le président Ali Bongo, Nguia Banda n’y voit qu’une stratégie de «diversion et d’instrumentalisation des populations Téké par une oligarchie régnante, comprenant les extrémistes Téké et un groupuscule de collabos-opporto-situationnistes Obamba bien identifiés».

Pour lui, il n’y a pas de conflit Obamba-Téké. Cependant, relève-t-il, «l’évolution des sociétés modernes nous invite à sonner le glas des solidarités mécaniques, surtout quand elles deviennent nocives aux valeurs républicaines et au vivre-ensemble». «Ces deux peuples subissent les mêmes humiliations et les mêmes souffrances infligées par les Bongo», a-t-il déclaré.

Dans sa posture d’opposant, l’ancien directeur de cabinet de l’un des anciens ministres d’Omar Bongo, Idriss Ngari, s’indigne du comportement des «extrémistes» de cette ethnie aux affaires au Gabon. «Si les extrémistes Téké avaient une once de considération pour ce peuple, pouvait-on encore voir des constructions tôles en haut, tôles en bas, ne disposeraient-ils pas de dispensaires, des écoles, n’auraient-ils pas des routes praticables en toutes saisons, ne suivraient-ils pas Radio Gabon au lieu de Radio Congo voisin pour s’informer ?», a-t-il interrogé, pour exhiber le fait que les communautés de cette province et celles des autres provinces du pays sont logées à la même enseigne.

Pour coller à l’actualité, il a rappelé l’importance des sanctions ciblées préconisées par le Parlement européen. L’Union européenne doit tout faire pour que s’installe la démocratie, a-t-il souhaité, expliquant qu’«elle doit mettre en œuvre des sanctions pour les auteurs des exactions et des crimes».