Leader de l’Alliance pour le nouveau Gabon (ANG), le Dr Séraphin Akure-Davain, a été amené à commenter la toute dernière déclaration de Raymond Ndong Sima et les querelles intestines au sein du parti au pouvoir.

Séraphin Akure-Davain, président de l’ANG. © D.R.

Séraphin Akure-Davain, président de l’ANG. © D.R.

 

Gabonreview : L’ancien Premier ministre, Raymond Ndong Sima, a tenu un meeting, le samedi 18 juillet dernier à Libreville, au cours duquel vous étiez à la place d’honneur. Il a lancé un appel à la formation d’une alliance patriotique dont le but est de mettre à plat la Constitution et d’autres trajectoires des politiques publiques. Votre commentaire sur cet appel…

Séraphin Akuré-Davain: Merci de me donner l’opportunité de me prononcer le premier sur cette déclaration officielle que je salue. Entant que leader politique ancré dans l’opposition, je trouve la déclaration de l’ancien Premier ministre, Raymond Ndong Sima, tempérée, mettant à nu dans une analyse bien conduite, les insuffisances, les errances du pouvoir en place. Notamment sur le plan économique, avec la dérive de la notion de gestion rigoureuse des deniers publics. Oui ! Il a par ailleurs insisté sur le chômage des jeunes qui est un véritable fléau et qui risque dans un avenir proche de créer un crash social.

Il est tout de même à constater que la proposition de M. Ndong Sima rejoint dans un certain sens votre idée, lancée à la faveur d’une récente conférence de presse, concernant la mise en place d’un Secrétariat permanent de l’opposition qui aura pour rôle de régler les questions de transparence électorale et de candidat unique de l’opposition. L’idée de l’ancien député du canton Kyé n’est-elle pas qu’une proposition de plus ?

En effet, j’ai proposé la mise en place d’un organe technique qui aura pour rôle de rassembler toutes les initiatives issues des partis de l’opposition. Cette structure pourrait coordonner les actions visant à la transparence électorale et proposer le mode de désignation de la candidature unique de l’opposition ; seul gage, à notre avis, à une alternance dans notre pays. Cette structure d’harmonisation serait composée des membres de tous les partis politiques sous l’autorité de la conférence des présidents.

Vous savez, les Gabonais sont aujourd’hui à la croisée des chemins, et l’opposition a, je le pense fort, la volonté d’instaurer le changement au Gabon. Mais la volonté seule ne suffit pas. Il faut lui adjoindre l’organisation, la stratégie… d’où mon insistance à la mise en place imminente de cet organe technique, car nous constatons que toutes les analyses des différents chefs de partis de l’opposition se superposent. Alors, pourquoi ne pas les mettre ensemble.

Avec la formation au sein PDG, votre principal adversaire politique, des courants que sont «Héritage et Modernité», en guerre ouverte contre le «Mogabo», «Ngounié Forte» ou «Renaissance», une situation s’est créée avec un malaise qui pourrait déboucher sur l’implosion du parti au pouvoir. Votre idée à propos de cette situation ?

La situation que vous décrivez est symptomatique de l’incohérence qui règne dans cette formation politique. Le PDG est un parti usé, resté trop longtemps aux affaires. C’est un parti qui cultive les intrigues et très souvent refuse de regarder en face la triste vérité de son échec.

L’analyse juste faite par «Héritage et Modernité», courant au sein duquel on retrouve plusieurs parlementaires de ce parti, confirme le chaos dans lequel le pouvoir a entrainé notre pays. Le changement est donc obligatoire et souhaité, non seulement par l’opposition mais aussi par une grande partie du PDG. Il revient aux leaders des partis de l’opposition de pouvoir tirer profit de cet état de chose.