Mis sous pression par ses collaborateurs qui lui reprochent sa gestion opaque des comptes de la mairie, l’édile de la commune d’Akanda pourrait être amené à démissionner, au pire, à se faire éjecter de son poste tant les suspicions persistent.

Claude Michel Sezalory (ici en novembre 2015), serait-il sur le point de se faire éjecter de son poste ? © Gabonreview

 

Ces dernières semaines, Claude Michel Sezalory n’a pas le sommeil tranquille. Le maire de la commune d’Akanda  est la principale cible d’une fronde des conseillers municipaux, qui ne manquent pas de critiques à son endroit. Ceux-ci sont si acerbes au point que certains disent craindre désormais pour son poste à la tête de la mairie. L’élu du Parti démocratique gabonais (PDG) a récemment fait l’objet d’un certain nombre de soupçons de la part de ses collaborateurs, sur sa gestion des comptes de la structure dont il a la charge depuis 2013.

A la faveur de la première réunion du conseil, le 17 mai, Claude Michel Sezalory n’est pas parvenu à convaincre les conseillers sur les comptes de l’exercice 2015. Des incohérences, des non-dits, une absence plutôt inquiétante des justificatifs des différentes dépenses effectuées par lui, souvent, sans en informer ses collaborateurs. Le maire d’Akanda est soupçonné d’avoir distrait l’argent public à des fins personnelles. A l’unanimité, les conseillers ont rejeté les comptes qui leur ont été présentés. La session d’adoption du budget de l’exercice 2015 s’est d’ailleurs soldée par la promesse de la mise en place d’une commission ad hoc, qui devait permettre de faire la lumière sur la gestion de l’argent de la mairie, y compris du point de vue administratif.

Problème. La session extraordinaire convoquée le 23 mai, censée mettre fin aux doutes et aux soupçons qui pesaient sur Claude Michel Sezalory n’y a rien fait. Le flou persiste et l’incapacité du maire à fournir de véritables explications écrites des dépenses engagées en 2015 n’augure rien de bon pour l’édile. Se fera-t-il convoquer par le ministre de l’Intérieur pour s’expliquer ? Se fera-t-il éjecter de son poste à moins de deux ans du terme de son mandat ? Démissionnera-t-il pour laver son honneur ou finira-t-il par convaincre une majorité de conseillers de sa bonne foi ? Autant de questions auxquelles Claude Michel Sezalory sera appelé à répondre dans les prochains jours.

En attendant, son cas est loin d’être unique. Du Conseil départemental de Bendjè à Port-Gentil à l’Hôtel de ville de Libreville, deux autres maires ont récemment été désavoués par les conseillers au sujet de leur gestion de l’argent public. En effet, Lucie Daker Akendengue et Rose Christiane Ossoucka Raponda, deux élues PDG sont la cible de leurs collaborateurs ces derniers jours, qui les accusent de mal gérer les caisses des structures dont elles ont la charge. L’Opération Mamba, initiée par le président de la République pour traquer les agents et représentants de l’Etat ayant distrait les fonds publics, s’intéressera-t-elle aussi à ces cas ? On en doute.