L’entreprise de BTP envisage, depuis près de deux ans, de déguerpir des habitants de Marseille 2 dans le 2e arrondissement de la commune d’Akanda, sur la base d’un titre foncier décrié par les riverains.

Après avoir résolu en partie le problème des déguerpis de Mveng-Ayong, Bruno Ben Moubamba est attendu sur le litige Kabi BTP-habitants de Marseille 2. © D.R.

 

S’il a résolu la question liée au relogement des déguerpis de Mveng-Ayong, Bruno Ben Moubamba pourrait bientôt être confronté à la nécessité de trouver également des parcelles aux habitants de Marseille 2. Depuis près de deux ans, ces derniers sont menacés de déguerpissement par la société Kabi BTP. L’entreprise gabonaise a acquis de l’Agence nationale de l’urbanisme, des travaux topographiques et du cadastre (ANUTTC), en octobre 2015, un titre foncier sur la section YE8, au deuxième arrondissement de la commune d’Akanda. Un titre foncier qui lui donne des droits sur 28 hectares !

Problème. Selon les habitants de Marseille 2, la société de BTP laisse voir une volonté d’outrepasser son domaine. Celle-ci tendrait à s’accaparer la section YE7 pour élargir ses investissements. Sauf que, selon le collectif des habitants de ce quartier, sur la section convoitée vivent plusieurs familles «depuis plus de 50 ans». Aussi, dit-il ne pas comprendre l’excuse servie par l’ANUTTC depuis des années, et selon laquelle la section YE7 aurait disparue de la nouvelle carte cadastrale d’Akanda. Une chose à peine croyable que le collectif a soumise au ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat social et du Logement, profitant d’une récente rencontre avec les déguerpis de Mveng-Ayong, dont 160 ont bénéficié de nouvelles parcelles de terrain sur la section YU8.

Aujourd’hui, bien que n’étant jamais entrés en possession d’un document officiel actant la disparition de la section YE7 sur laquelle ils sont pourtant installés, les habitants de Marseille 2 se voient proposer une sorte d’arrangement avec Kabi BTP. L’entreprise de BTP envisagerait de viabiliser sa section avant de vendre des parcelles aux habitants trouvés sur place. «Impensable !», jugent déjà certains, qui ne pas manquent d’attirer l’attention de Bruno Ben Moubamba sur ce qu’ils considèrent comme «une nouvelle magouille dans le secteur de l’habitat au Gabon». Le ministre qui, dès son entrée au gouvernement, a juré d’en finir avec «le désordre foncier» devrait bientôt se saisir de la question. C’est, en tout cas, l’espoir des habitants du quartier Marseille 2.