Le Gabon et l’Agence française de développement (AFD) ont signé, le 1er décembre à Libreville, une convention de prêt de soutien budgétaire 2017-2019. Sur cette période, l’institution financière publique va octroyer au pays plus de 147,5 milliards de francs CFA, à raison de 49 milliards par an.

Echange de documents entre Régis Immongault et Laetitia Dufay (directrice de l’agence régionale de l’AFD du Gabon et de Sao Tome), en présence de Dominique Renaux, le 1er décembre 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

Non insensible à la situation économique actuelle, la France a décidé d’apporter un soutien budgétaire au Gabon. C’est dans ce cadre que l’Agence française de développement (AFD) et la République gabonaise ont signé, le 1er décembre à Libreville, une convention de financement pour la mise en place d’un prêt de soutien budgétaire triennal (2017-2019). Le document a été signé par le ministre de l’Economie et l’ambassadeur de France au Gabon.

Sur la période indiquée, l’AFD pourra octroyer au Gabon trois tranches annuelles de 75 millions d’euros (plus de 49 milliards de francs CFA), soit un montant global de 225 millions d’euros (plus de 147,5 milliards de francs CFA).

Le déroulé de la cérémonie en images. © Gabonreview

«Cette signature intervient dans le cadre de l’accompagnement des bailleurs de fonds en vue de l’accompagnement de la France, suite aux décisions prises par les chefs d’Etat, le 23 décembre 2016 à Yaoundé, et où la France s’était engagée à accompagner les pays de la Cemac pour mettre en place les réformes indispensables à la mutation de leurs économies», a rappelé le ministre de l’Economie.

«C’est accompagnement financier, ce n’est pas de l’injection hasardeuse de liquidités. Cet accompagnement permettra de mettre en œuvre des réformes structurelles indispensables. Il servira également à rétablir la crédibilité de la signature de l’Etat aux niveaux intérieur et extérieur. Cette enveloppe permettra de ré-oxygéner l’économie gabonaise», a estimé Régis Immongault. Concrètement, le prêt consenti est un appui budgétaire global. Il servira à l’apurement des arriérés intérieurs et extérieurs, compte tenu de l’impact de ces arriérés sur la performance de l’économie gabonaise.

Autre objectif de cette convention : contribuer à lever une partie des contraintes structurelles pesant sur la gestion des finances publiques, en appuyant la mise en œuvre des réformes définies dans le mémorandum de politiques économiques et financières annexé à l’accord conclu avec le Fonds monétaire international (FMI).

Chaque tranche de l’appui budgétaire fera l’objet d’un accord préalable d’octroi de crédit spécifique. La première tranche sera versée avant la fin de l’année 2017. L’octroi des tranches 2018 et 2019 se fera sur la base des conclusions des missions du ministère français de l’Economie et l’AFD. Ces missions porteront une attention particulière au suivi de l’apurement des arriérés de l’Etat et à la mise en place des réformes des finances publiques.

L’ambassadeur de France au Gabon, pour sa part, a insisté sur les deux objectifs de cette convention. «Sur le premier objectif, les arriérés intérieurs constituent un des freins à la relance de l’économie nationale. Ils affectent les fournisseurs de l’Etat comme la plupart des acteurs du secteur privé via les arriérés de remboursement de la TVA (Taxe sur la valeur ajoutée, ndlr). Je suis particulièrement attentif à leur impact sur les entreprises françaises, qui représentent une part importante de l’activité économique en termes de production, d’emploi et d’exportations», a déclaré Dominique Renaux.

S’agissant du deuxième objectif de ce prêt, ce dernier a rappelé que «les autorités gabonaises se sont engagées, durant les trois prochaines années, à mettre en place avec l’appui du FMI et des bailleurs de fonds, des réformes structurelles pour améliorer la collecte des recettes et rationaliser la dépense publique». Selon Dominique Renaux, «les réformes à mener sont le gage d’une gestion efficace et performante des finances publiques. A cet égard, la France souhaite que puisse être financée au titre de la deuxième tranche de ce prêt d’aide budgétaire, une assistance technique confiée à l’AFD pour ce programme de réformes».

Active au Gabon depuis 70 ans, l’AFD y appuie des projets de développement dans de nombreux secteurs. De l’agriculture à la forêt et l’environnement, en passant par l’éducation. L’un des enjeux de l’accord signé entre le Gabon et l’AFD, est qu’il permettra à l’AFD de relancer certains projets en cours dans le pays. A l’instar de la construction de 500 nouvelles salles de classes, ou encore la réhabilitation de 27 centres de santé dans quatre provinces du pays.