Dans une interview parue dans le quotidien L’Union, le 30 mai, le ministre de l’Agriculture s’est prononcé sur les réajustements opérés dans certaines structures stratégiques rattachées à son département. Un chantier ayant notamment débouché sur la disparition de trois entités.

Le ministre de l’Agriculture. © news.alibreville.com

 

Création d’agences par-ci, suppression d’autres par là…Les populations ont parfois beaucoup du mal à se retrouver dans cette cacophonie. C’est certainement pour éclairer l’opinion que le ministre de l’Agriculture s’est prononcé sur cette question. Du moins en ce qui concerne son département ministériel, ayant récemment annoncé la disparition de trois structures : l’Office nationale des laboratoires agricoles (Onala), l’Office des recherches d’introduction, d’adaptation et de multiplication du matériel (Oriam) et l’Agence de collecte et de commercialisation des produits agricoles (Accopa).

«Il faut savoir que les agences exécutent les politiques publiques définies en amont par les directions générales de l’administration centrale», a indiqué le ministre de l’Agriculture, dans une interview au quotidien L’union, parue le 30 mai. «Aujourd’hui, dans la politique publique de valorisation du potentiel agricole national, mon ministère possède deux directions générales qui s’occupant de cette action : les directions générales de l’Agriculture et de l’Elevage», a poursuivi Yves-Fernand Manfoumbi.

Selon le membre du gouvernement, si ces deux directions définissent les politiques, cette action doit s’accompagner par la création d’agences, pour l’exécution des politiques définies. «Ainsi, par souci de rationalisation de la dépense publique, j’ai proposé au gouvernement de créer une structure afin de mutualiser les ressources. J’ai donc créé l’Agence de développement agricole du Gabon (Adag), lequel sera officialisé lors du prochain conseil des ministres», a expliqué le ministre de l’Agriculture.

Dans la continuité de ces réformes, l’Onala a été absorbée par l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa). «L’Onala est situé à Rio et ne possède même pas d’équipements. C’est la même chose pour l’Oriam, qui sera un département de l’Adag, parce qu’on ne peut pas faire une agriculture sans semence», a expliqué Yves-Fernand Manfoumbi soulignant, dans le même temps, que les missions de l’Accopa étaient devenues redondantes, avec le lancement de la Gabonaise des réalisations agricoles et des initiatives des nationaux engagés (Graine).

«Comment le même Etat va-t-il avoir deux instruments ? Le premier instrument, comme l’Accopa, ne dispose pas de sources de financement et d’autonomie. Mais de quelle autonomie parle-t-on même ? Une autonomie fictive, parce que ces agences n’ont pas de ressources. La preuve est qu’elles se sont retrouvées avec des arriérés de solde des agents», a renchéri le ministre de l’Agriculture. L’Accopa a ainsi été supprimée.

Par ailleurs, Yves-Fernand Manfoumbi s’est prononcé sur le sort du personnel impacté par ces mesures. «J’aurai la situation globale en fin de semaine, parce que le secrétaire général à qui j’ai donné mandat, est en train de clôturer l’analyser, pour savoir le montant total des arriérés. Et le plan social qui va être adopté pour prendre en compte certains compatriotes qui ne pourront pas peut-être répondre aux missions de ces nouvelles agences», a-t-il expliqué.

A la recherche de stratégies pour une rapide autosuffisance alimentaire, le Gabon est à pied d’œuvre pour développer son agriculture. Ce qui lui permettrait de réaliser 50% d’économie sur les importations alimentaires, selon le gouvernement et d’atteindre l’autosuffisance pour les aliments de base, d’ici trois à cinq ans. Yves-Fernand Manfoumbi incarnera-t-il cette transition ? L’avenir nous le dira.