Le ministre de l’Intérieur a entretenu, le 28 décembre à Libreville, les responsables de la communauté musulmane du Gabon suite à l’agression au couteau de deux journalistes Danois par un ressortissant nigérien.

Le ministre de l’Intérieur, Lambert-Noël Matha, s’entretenant avec les imans du Gabon réunis au sein du CSAIG, le 28 décembre 2017. © Gabonreview

 

Une quinzaine de jours après l’agression à Libreville de deux journalistes Danois de National Geographic, le ministre de l’Intérieur a entretenu les imams du Conseil supérieur des affaires islamiques du Gabon (CSAIG), le 28 décembre à Libreville. Une rencontre ayant donné l’opportunité à Lambert-Noël Matha d’évoquer avec ces leaders religieux «l’épreuve à laquelle cette lâcheté» soumet le Gabon.

En qualifiant cet acte «d’attentat abject», de «barbarie», le ministre de l’Intérieur a estimé que les Gabonais doivent «se montrer unis autour des valeurs qui fondent notre vivre ensemble en tant que Républicains épris de paix, d’esprit de concorde, de fraternité et de respect de l’autre».

Face aux imans et prédicateurs, le membre du gouvernement a rappelé que «loin de constituer un obstacle à la liberté religieuse, la laïcité pose le principe selon lequel, la République garantit l’exercice du culte, de tous les cultes sans en privilégier aucun». Dans ce cas précis, il a toléré la liberté du culte, dès lors que les lois de la République sont respectées.

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Raison pour laquelle, il a insisté sur le fait que sa qualité de ministre de Culte lui donne la latitude de veiller à ce que les religions soient le réceptacle de tolérance et d’ouverture. «Il s’agit d’un point sur lequel le gouvernement n’accepterait pas de dérives», a-t-il lancé en relevant que «les ignominies d’un individu ne doivent nullement pénaliser toute une communauté, tout comme il faut éviter des amalgames».

Dans cet échange aux allures de sermon, Lambert-Noël Matha a mis en garde tous ceux qui se risqueraient à répéter de tels actes condamnables. «Que nul ne doute que toutes les conséquences pénales attachées aux faits comparables à l’acte perpétré, seront tirées avec la plus grande fermeté», a-t-il martelé, assignant également aux responsables religieux une mission particulière. Celle de «la prévention des actes de terrorisme».

«Il vous revient, grâce à votre légitimité, de dénoncer sans trêve, le discours haineux, énoncés au nom d’Allah et de ne pas céder la place aux extrémistes», a-t-il exhorté. Les imams et les prédicateurs ont enfin été appelés à la vigilance, au contrôle et à l’encadrement des prêches dans les mosquées. D’autant que la «gravité de la menace force à agir ensemble».

Le samedi 16 décembre, le Village artisanal de Libreville, l’un des endroits les plus fréquentés par les touristes de passage dans la capitale gabonaise, a été le théâtre d’une scène inédite. Un ressortissant nigérien de 53 ans, Harouna Adamou, a poignardé au cri d’Allah Akbar deux journalistes Danois de la chaine de télévision américaine, National Geographic. Les enquêtes sont en cours et la vie de ces reporters est désormais hors de danger.