Vingt-quatre heures après l’agression au couteau, perpétrée à Libreville par le Nigérien Harouna Adamou sur deux Danois du National Geographic, la communauté musulmane du Gabon a rejeté et condamné cet acte «inadmissible.

Le président du CSAIG, Ismaël Océni Ossa dénonçant le geste d’Harouna Adamou, le 18 décembre 2017, à Libreville © Gabonactu.com

 

Le samedi 16 décembre, le village artisanal de Libreville, l’un des endroits les plus fréquentés par les touristes, de passage dans la capitale gabonaise, a été le théâtre d’une scène inédite. Un ressortissant nigérien de 53 ans, Harouna Adamou, a poignardé, au cri d’Allah Akbar, deux journalistes danois de la chaine de télévision américaine, National Geographic.

Il aurait agi, selon les premiers éléments de l’enquete, «en représailles aux attaques des Etats-Unis d’Amérique contre les musulmans et qui ont reconnu Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël». Une agression dont l’onde de choc est loin de s’apaiser au sein d’une population qui n’a jamais rien connu de telle.

Le Conseil supérieur des Affaires islamique du Gabon (CSAIG) a condamné avec fermeté cette agression. Le président du CSAIG, l’imam Ismaêl Oceni Ossa, a dénoncé un «acte horrible, maladroit et injustifié prétendument perpétré au nom de l’Islam… ». Il a rappelé que «cette agression est inadmissible dans un Etat de droit et encore moins dans notre pays dont la tradition  d’accueil et la culture de la paix sont unanimement reconnues à travers le monde».

S’il a relevé que la «Constitution du Gabon et ses lois condamnent et répriment la violence sous quelque forme que ce soit», il a invité «les communautés étrangères vivant au Gabon et l’ensemble de la communauté musulmane à se conformer aux lois de la République et aux principes qui gouvernent la bonne pratique de l’islam».

En perpétrant cet acte au Village artisanal, en plein cœur de Libreville, certains observateurs estiment qu’il s’agirait de «tout un symbole», s’il s’avérait qu’il est question d’un acte «djihadiste».

Les autorités gabonaises ont d’ailleurs ordonné dès le 17 décembre, la fermeture jusqu’à nouvel ordre du Village artisanal. Par ailleurs, tous les commerçants du marché, originaires pour l’essentiel de l’Afrique de l’Ouest, ont été interpellés. Il s’agit de plusieurs dizaines de personnes, tous des hommes, arrêtés en présence du ministre de la Défense nationale, Étienne Massard. Toutes ces personnes ont été conduites à la Fopi, base de la police, pour des «raisons d’enquête».