En raison d’une baisse drastique de la subvention de l’Etat et de l’accumulation ces dernières années de sa dette, l’Agence gabonaise de presse (AGP) devrait recourir prochainement à un plan social.

Pour sortir de la crise, l’AGP annonce un plan social. © news.alibreville.com

 

Deux semaines après la grève de la faim initiée par les agents contractuels qui réclamaient le paiement de 10 mois d’arriérés de salaire, le gouvernement et l’administration provisoire de l’AGP se sont rendus à l’évidence : pour sortir l’agence de sa difficile situation, il va falloir alléger les charges. Un plan social est donc prévu au sein de cette structure publique, empêtrée dans la crise depuis plus de deux ans. Celle-ci n’a d’ailleurs pas cessé d’accumuler les dettes, y compris vis-à-vis des partenaires qui lui permettaient d’éditer et de distribuer son quotidien Gabon Matin, absent des kiosques depuis de long mois. Par ailleurs, l’Etat a réduit drastiquement le montant de sa subvention, une conséquence de la crise économique que subit le pays depuis 2014.

«La situation actuelle (est due au fait) que la subvention que l’Etat alloue à l’AGP est tombée de 1 milliard et demi, il y a quelques années, à 200 millions de francs aujourd’hui. Mais l’AGP a maintenu les mêmes effectifs, et donc quasiment les mêmes charges», a expliqué Alain-Claude Bilie-By-Nze, précisant que les charges salariales mensuelles à l’AGP s’élèvent à 28 millions de francs. Pour le ministre d’Etat en charge de la Communication et les responsables de l’agence, c’est beaucoup trop. «Nous ne sommes pas capables, aujourd’hui, avec la subvention de l’Etat, d’assurer les salaires de l’AGP», a fini par reconnaître la tutelle.

Aussi, le plan social qui s’annonce visera-t-il prioritairement les agents contractuels dont une cinquantaine réclame depuis le 10 décembre le paiement de près de 10 mois d’arriérés de salaire. Il ne s’agira plus d’un «congés techniques» comme proposé initialement aux agents, mais plutôt de «licenciements pour motif économique». Le gouvernement et l’administration provisoire de l’AGP auraient eu le quitus de l’Inspection du travail, le 14 décembre.