Perçues pour certains comme de véritables gouffres à sous, plus de sept ans après leur création ni l’importance ni la nécessité des agences publiques n’ont été prouvées par Ali Bongo. Pourtant, le président de la République semble toujours y tenir.

Comme l’ANGT devenue ANGTI (Agence Nationale des Grands Travaux d’infrastructures), les agences publiques doivent être renouvelées, au pire supprimées. © Gabonreview

 

Apparues peu après l’arrivée d’Ali Bongo au pouvoir en 2009, les agences publiques n’ont pas rempli leurs différentes missions. Plus de sept ans après, ce qui était apparu pour certains comme la trouvaille du siècle, est perçue aujourd’hui par d’autres comme l’une des principales causes des «tensions de trésorerie» évoquées à tout-va par les autorités depuis la chute des cours du baril de pétrole. Les agences publiques engloutissent chaque année d’importants budgets estimés à plusieurs centaines de millions de francs chacune. Pourtant, ces gouffres à sous, le président de la République n’envisage pas de s’en séparer. Bien trop juteux.

Actuellement, au Cap Estérias, loin de la cohue librevilloise, le gouvernement travaille à rendre ces agences publiques moins voraces. Le 17 mai dernier, le Conseil des ministres avait décidé de redéfinir leurs missions et leur périmètre d’actions. Avouant à demi-mot son échec, Ali Bongo envisage à contrecœur leur «rationalisation», pour les rendre «à la fois plus pertinentes et plus efficaces». Mais le «make up» qui s’annonce ne rassure pas pour autant. Le fonctionnement et la budgétisation de ces structures sont des plus opaques. Bien malin qui dira le véritable montant du budget alloué chaque année à l’ANGTI, l’Aninf ou à l’ANUTTC.

Ces agences qui brassent des milliards de francs sans véritable rendement sur le terrain sont directement rattachées à la présidence de la République. Beaucoup y voient une volonté d’Ali Bongo d’en avoir le contrôle exclusif. En mai 2017, lors du dialogue politique d’Angondjé, des participants de la commission ayant traité de la consolidation de la paix et de la cohésion nationale avaient appelé à la suppression de ce qu’ils présentaient comme «des ministères bis». Un après, ils ne risquent pas d’être entendus.

L’audition des responsables de l’ANGTI, l’Aninf et de l’ANUTTC, organisée en octobre 2017, par Brice Laccruche Alihanga n’a pas été suivie d’un rapport. Les irrégularités découvertes par le directeur de cabinet du président de la République sont sans nul doute parmi les raisons ayant suscité le lancement des réflexions en cours au sujet de la «rationalisations» des agences publiques. Les résultats de ces travaux sont fortement attendus.