Empêtrée dans une épineuse crise organisationnelle depuis quelques années, Africa N°1, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Les employés du «tam-tam» de l’Afrique totalisent désormais 15 mois sans salaire.

Les installations d’Africa N°1, à Moyabi, envahies de hautes herbes signe du malaise qui étreint le Tam-tam de l’Afrique depuis des années. © D.R.

 

Quinze mois, c’est désormais le nombre de mois d’arriérés de salaire que totalisent les employés de la radio continentale, Africa N°1. Le Coordinateur des services de la rédaction, Patrick Bibang, dénonce sur sa page Facebook la pénible agonie de la prestigieuse radio panafricaine, qui n’épargne ni les infrastructures ni le personnel, sans que cela n’émeuve les autorités.

«Voilà 14 mois que la dignité des agents est pire qu’au rabais, sans que cela ne heurte la sensibilité de nos dirigeants alors que la santé, les ménages des agents et la scolarisation de leurs enfants sont l’objet de toutes les prières et toutes les larmes depuis plus d’un an, sans effet».

Selon Patrick Bibang, cette indifférence vient d’emporter un de leur collègue, Lionel Gaston Ndombi Mbadinga. «Il a succombé à la maladie pour laquelle pourtant, nous, travailleurs d’Africa N°1, tirions déjà la sonnette d’alarme, au même titre que pour les enfants de Jean-Christ Mandama et de Maurice Bouyomba», a-t-il fustigé, interpellant au passage certaines personnalités de la République. «Que dit Maganga Moussavou? Que pense Issozet Ngondet ? Pourquoi le ministre de la Communication se détourne de cette situation ? Cela n’est-il pas important pour Brice Laccruche Allianga

Engluée dans une épineuse crise, Africa N°1, en plus d’avoir encaissé un redressement judiciaire, a été placée sous l’autorité d’un syndic. Mais pour les agents, rien ou presque n’a été véritablement été mis en œuvre pour soulager leurs attentes. Ce d’autant plus que certains parmi eux assurent qu’ils croulent sous les dettes.

Toutefois, le personnel est déterminer à aller jusqu’au bout pour rentrer dans ses droits. «Les 55 travailleurs de Libreville et les six autres de Moyabi ne lâcheront rien, même si nos espaces de travail sont devenus des repaires pour les moustiques, les chats, les crabes, les varans et les vipères qui surplombent notamment les bananiers», réaffirme Patrick Bibang.

Africa N°1 a été créée au Gabon en 1981. Financée avec des fonds français et gabonais, la radio se scinde très tôt en deux structures presque indépendantes, Africa N°1 Gabon et Africa N°1 Paris. Début 2000, la France s’est désengagée d’Africa n°1 Gabon qui passe sous le contrôle de la Jamahiriya arabe libyenne en 2007. Depuis, la radio n’est plus que l’ombre d’elle même.