Le juge d’instruction Serge Tournaire a signé l’ordonnance qui permettra au parquet de Paris de mettre en œuvre une procédure de plaider-coupable, acceptée par l’homme d’affaires corse, Michel Tom, révèle «l’Obs». Celui que l’on surnomme «le parrain des parrains» devrait ainsi échapper à un procès avec débats publics.

Le roi des casinos africains, Michel Tom échappe à un procès. © D.R.

 

Le juge d’instruction Serge Tournaire vient de mettre un terme à cinq ans d’enquête de la justice française contre l’homme d’affaires corse, Michel Tom. En effet, le juge d’instruction a donné son accord pour conclure la procédure par une «comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité» (CRPC), qui devrait lui permettre, en échange d’une peine allégée, d’échapper à un procès public.

Cette procédure permet aux personnes poursuivies de négocier la qualification des poursuites et les peines envisagées avec le parquet, en échange de la reconnaissance de certains délits. Elle évite également la tenue d’un procès avec des débats publics.

Le «sulfureux parrain corse» qui a fait fortune en bâtissant un empire du jeu en Afrique, était soupçonné d’avoir corrompu des chefs d’Etat ou des hauts fonctionnaires africains (au Mali, au Gabon, au Cameroun) pour obtenir des avantages commerciaux ou faciliter la signature de contrats publics avec des entreprises françaises. Mais les infractions pour lesquelles il avait été mis en examen en 2014, corruption d’agents publics étrangers, abus de confiance, blanchiment, trafic d’influence ont été abandonnées ou se sont soldées par des non-lieux.

Toutefois, le roi des jeux de hasard reste poursuivi pour «complicité et recel d’abus de biens sociaux» en marge de la signature d’un contrat d’achat de quatre vedettes de surveillance par l’Etat gabonais à la société française Raidco Marine, en 2010, pour 16 millions d’euros. «Michel Tomi reconnaissait sans difficulté s’être fait payer son entremise positive dans le contrat de Raidco», note l’ordonnance citée par l’Obs. Il devrait donc être condamné sur ce point, au terme d’une négociation de sa peine avec le parquet.

Michel Tom, 71 ans, possède au Gabon le PMU, le Casino croisette, les Fortune’s Club, Bet 241, la compagnie d’aviation d’affaires Afrijet, le fournisseur d’Internet IPI’9, en plus du groupe de BTP Kabi et du bar de nuit le Kubrick.