Après des mois d’accusations et d’invectives par vidéos et posts interposés sur les réseaux sociaux, le conflit opposant le slameur Le Wise et le producteur Lloyd Humprey Labouba a connu son épilogue avec «un consensus» trouvé entre les deux parties.

Lloyd Humprey Labouba (dit Don Alias), le 7 octobre 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

Ils ne s’étaient pas faits de cadeaux ces derniers mois, Le Wise le premier. Sur les réseaux sociaux, le slameur gabonais avait posté des vidéos dans lesquelles il accusait Dioumy Moubassango, Liban Soleman (proche collaborateur du président de la République) et particulièrement Lloyd Humprey Labouba de l’avoir escroqué et d’avoir menti sur les sommes qu’il aurait reçues à la suite du projet «Mon Gabon». L’objectif du projet était de louer les réalisations d’Ali Bongo à travers les neuf provinces du pays. Accusé au premier chef, Lloyd Humprey Labouba (dit Don Alias), porteur du projet via sa structure One Musik, avait décidé de porter l’affaire en justice. «Cette plainte, je l’ai retirée aujourd’hui», a annoncé le jeune manager et producteur, samedi 7 octobre à Libreville, disant avoir trouvé «un consensus» avec le slameur qu’il présente comme un «petit frère», en plus d’être son poulain depuis quelques années.

Si ce consensus n’a pas officiellement été formalisé, d’après Lloyd Labouba, celui-ci stipule principalement que Le Wise «arrête ses revendications», qu’il dise «la vérité» aux Gabonais, qu’il se consacre aux projets qui le lient encore à One Musik, et surtout qu’il arrête la diffusion de ses vidéos accusatrices sur les réseaux sociaux. Des vidéos qui, à en croire le jeune manager et producteur gabonais, «ont été réalisées dans un cadre privé par des manipulateurs, dans l’objectif de faire chanter des collaborateurs du président de la République».

S’agissant des arrangements ayant bénéficié au slameur, ni Roméo son frère, présenté devant les médias comme témoin du consensus, ni Lloyd Labouba n’ont souhaité en parler. Il se murmure toutefois que Le Wise ne serait pas sorti lésé de cet accord. Il bénéficierait d’une nouvelle prise en charge, et de belles promesses lui auraient été faites par ses «bons grands». Il devrait prochainement intervenir, lui aussi, sur le sujet.

En attendant, Lloyd Labouba a tenu assurer que «Le Wise a bel et bien reçu l’argent qui lui revenait dans ce projet», soit 36 millions de francs CFA au total, versés en quatre tranches. «Je n’ai jamais escroqué Le Wise, et personne n’a une dette vis-à-vis de lui», s’est défendu le manager général de One Musik, qui n’a pas manqué de soupçonner les «beaux parleurs», les «manipulateurs politiques» et les «vendeurs d’illusions» d’avoir «instrumentalisé» le slameur pour atteindre le chef de l’Etat et certains de ses collaborateurs parmi lesquels l’actuel patron du Bureau de coordination du PSGE. «Il ne faut pas que Le Wise oubli l’aide et le soutien que Liban Soleman, en particulier lui a apporté avant et après ce projet.»

Initié en 2014 par la présidence de la République, le projet «Mon Gabon» aurait coûté au total 143 millions de francs CFA. «Une petite somme» pour ce «grand projet», dont la qualité du rendu aurait dû nécessiter plus d’argent a estimé Lloyd Labouba, disant l’avoir fait «pour l’amour du pays». «Le projet «Mon Gabon» n’est pas, comme le prétendent certains, «une frappe», une arnaque orchestrée par Dioumy Moubassango, Liban Soleman ou moi, Don Alias !»