Entendu le 12 septembre à la Direction générale de la contre-ingérence et de la sécurité militaire (DGCISM) sur «l’affaire Webcor», l’ancien Premier ministre Jean-François Ntoutoume Emane a livré sa «part de vérité».

Jean-François Ntoutoume Emane s’exprimant le 15 septembre 2018 devant les journalistes. © Gabonactu.com

 

L’ancien maire de Libreville a tenu une conférence de presse, le samedi 15 septembre, pour éclairer l’opinion sur les soupçons de détournements et de corruption qui pèsent sur lui dans «l’affaire Webcor». Si Jean-François Ntoutoume Emane a d’emblée indiqué que ce qui se fait et se dit sur ce dossier n’est que de la «pure distraction», il a également affirmé que «tout ce qui a été fait sur ce projet de construction du Grand marché de Libreville s’est fait dans la transparence totale».

Selon l’ancien Premier ministre, ce projet négocié par ses soins, sous la houlette de l’ancien président était de doter Libreville d’un marché moderne. Le groupe Webcor avait été choisi en raison de sa capacité à préfinancer ce projet évalué à 27 milliards. Après plusieurs mois de négociations, le contrat est signé en 2010 avec la Mairie de Libreville.

L’entreprise devait assurer 40% de cette somme tandis que l’Etat gabonais devait apporter les 60%, via un emprunt auprès d’un pool bancaire local. Le groupe a bénéficié d’une «fiscalité modérée pour l’importation de matériel de construction». Ce sont les termes de la «convention passée entre le gouvernement gabonais et le groupe Webcor». «Il n’y a jamais eu de décaissements, donc il ne pouvait y avoir de détournements ni de rétro-commissions», a fait remarquer Jean-François Ntoutoume Emane.

En 2015, explique-t-il, l’actuel maire de Libreville a adressé un courrier à Webcor pour lui demander d’arrêter les travaux. Or, ce dernier avait déjà débuté les travaux et ceux-ci étaient estimés à 3 milliards de francs CFA. «Et là, le parallélisme des formes n’est pas respecté», souligne l’ancien maire qui précise qu’«un maire ne peut pas contrecarrer une décision prise par le Conseil municipal sans passer par un Conseil municipal». Pourtant, argumente Ntoutoume Emane, «(…) l’accord de 2010 prévoyait des dispositions transitoires». Malheureusement, rien n’a été respecté. D’ailleurs, «les pauvres gens de Webcor n’étaient plus reçus chaque fois qu’ils venaient ici et c’est pour cela qu’ils ont porté l’affaire au Tribunal arbitral de Paris, la juridiction prévue pour connaître de tout litige sur le projet».

Ironique a souhait, l’ancien baron du PDG devenu opposant a indiqué que «Webcor avait un avocat. L’Etat gabonais en avait 3», mais l’Etat a finalement perdu le procès. Il doit verser à Webcor 65 milliards de FCFA au titre de dommages et intérêts.