La décision d’arrêter, avant son terme, la convention liant l’Etat gabonais et le partenaire français Véolia sur la concession SEEG ne tirerait ses origines que de la crise de trésorerie que vit le Gabon. “La Lettre du Continent”, journal d’informations confidentielles, interprète la situation. En toile de fond, un chiffre d’affaires de 223 milliards CFA.

Les autorités gabonaises visaient-elles une main basse sur la «véritable machine à cash» qu’est la SEEG ? © Gabonreview/istock

 

«La rupture de la concession s’inscrit dans un contexte financier tendu au Gabon», rappelle la Lettre du Continent. L’État gabonais aurait pris cette décision «brutale» pour «se garantir des devises dans un contexte de récession». Selon le bimensuel, «la reprise temporaire -et manu militari- de cette société par le gouvernement gabonais permet ainsi aux autorités publiques de mettre la main sur une véritable machine à cash».

Bien que confrontée, année après année, à des impayés de la part de son partenaire et principal client (l’État gabonais), la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) parvient à dégager chaque année un chiffre d’affaires de 223 milliards CFA, soit environ 18 à 20 milliards CFA par mois. Il s’agit donc d’un «volume de recettes non négligeables au moment où les caisses de l’État sont à sec», souligne La Lettre du Continent, avant de préciser que cette décision stratégique a été prise par la présidence de la République elle-même, et non par le Premier ministre qui n’en aurait même pas été informé.

SEEG, machine à cash !

Le directeur de cabinet du président de la République, Brice Laurent Laccruche Alihanga, aurait piloté le dossier, et, dans une moindre mesure, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Patrick Eyogho Edzang, en a suivi certains pans. Les raisons de cette rupture paraissent fallacieuses selon le confidentiel en ligne,. «Les autorités gabonaises peinent à avancer des éléments probants à l’appui de leur décision». Dans un premier temps, le ministre de l’Eau et de l’Énergie avait laconiquement invoqué «la dégradation du service aux usagers». Puis, d’autres arguments sont venus se greffer, dont celui de la pollution, avancé le 27 février dernier par le porte-parole du gouvernement Alain-Claude Bilie-By-Nzé».

Le gouvernement voudrait-il récupérer une partie de ce pactole pour régler des problèmes financiers domestiques telle que la dette intérieure, dont le paiement aux entreprises a été annoncé il y a plus de vingt-cinq jours, mais demeure sans suite.