Alors qu’une décision de justice est attendue sous dizaine en France, les appartements de Guido Santullo près du boulevard Triomphal Omar Bongo à Libreville ont été perquisitionnés par le B2. Dans les saisies, il est question de documents compromettants et d’armes à feu.

L’une tours du Groupement Sericom-Santullo comptant l’appartement perquisitionné, près du boulevard Triomphal Omar Bongo à Libreville. © Gabonreview

 

 «Aux dernières nouvelles, une perquisition vient d’être effectuée, ce jour 12 février 2018, au domicile de Guido Santullo. Une saisie d’armes à feu ainsi que des documents compromettants qui impliquent plusieurs dignitaires de la République dans le siphonnage des deniers publics a été effectué sur les lieux.»  Ce message s’est répandu comme une trainée de poudre sur les réseaux sociaux.

A la vérification, une trentaine de policiers ont en effet encerclé les deux tours abritant les bureaux du Groupement Sericom-Santullo BTP, derrière le ministère des Eaux et Forets (visibles du boulevard Triomphal Omar Bongo). Les mêmes locaux avaient été l’objet, le 31 mai 2016, d’une perquisition du service gabonais de la conte-ingérence (plus connu sous le nom de B2). Les agents du B2 avait alors «emporté de nombreux documents, des unités centrales, des ordinateurs, etc.», indiquait alors un témoin.

Un proche de l’entrepreneur rit des fameux «documents compromettants» impliquant plusieurs dignitaires de la République : «S’il détenait des documents importants, il n’aurait pas pu les laisser dans un appartement qu’il n’habite plus et qui a déjà été perquisitionné». Joint au téléphone, Guido Santullo soutient en effet que ces tours, de sa construction, ont déjà subi 18 perquisitions. «Pourquoi, une perquisition de plus, alors que personne n’habite dans mon appartenant depuis un an et demi ?», interroge l’homme d’affaires Italien en bisbille avec L’État gabonais.

Selon le patron du Groupement Sericom-Santullo BTP, la perquisition s’est également soldée par la mise aux arrêts de deux secrétaires qui étaient sur les lieux et du «chef des gardiens» de l’entreprise, un ancien militaire français prénommé Norbert. «Nous avons alerté le ministère des Affaires étrangères et sur intervention de l’ambassade de France, ils se sont allongés et l’ont relâché». L’homme d’affaires assure qu’il ne possédait d’armes militaires : «c’est un fusil de chasse que j’ai déclaré et dont j’ai tous les papiers».

Riant de cette énième perquisition, Guido Santullo n’en démord pas : «Ils n’ont qu’à payer les travaux que nous avons réalisé au Gabon et que tout le monde peut voir !». Et d’indiquer qu’une décision de justice est attendue en France dans moins de dix jours. «Nous allons devoir vendre les biens de l’Etat gabonais que nous avons fait saisir», laisse-t-il entendre. En saisie conservatoire depuis de longs mois après une plainte de Santullo à la Cour internationale d’arbitrage et au Tribunal du commerce de Paris, les actions de l’État gabonais dans la Société civile immobilière qui gère le Pozzo di Borgo (hôtel particulier de luxe acquis en 2010 par le Gabon pour 65 milliards de francs CFA), pourraient donc y passer. Chaud devant !