Décidemment, l’affaire dite «Santullo», du nom de l’homme d’Affaire Italo-Franco-Guinéen, Guido Santullo, en litige avec l’Etat gabonais, est loin de trouver son épilogue. Pour preuve, le parquet de Libreville a récemment ordonné des enquêtes pour bien cerner cette affaire et établir les responsabilités.

Ali Bongo et Guido Santullo marchant sur le pont sur la Banio figurant sur la liste des chantiers dont la facture n’a pas été payée par l’Etat gabonais. © Gabonreview

 

Le pont sur la Banio. © Gabonreview

En vue de permettre que toute la lumière soit faite sur les accusations et autres rumeurs circulant, ces derniers mois, sur l’affaire opposant le président-directeur général du Groupement Santullo-Sericom, Guido Santullo, à l’Etat gabonais, le parquet de Libreville a finalement ouvert deux enquêtes selon le quotidien L’Union du 11 mai 2017. En amont de cette affaire qui défraie la chronique au Gabon depuis quelques temps, l’homme d’affaire aux trois nationalités réclame à l’Etat gabonais une facture impayée des travaux réalisés, à ses propres frais. Ce sont les travaux des chantiers de construction de la route de Ndendé-Mouila, Mayumba-Tchibanga, Akiéni-Onga, ainsi que les ponts de Kango et celui sur la Banio. L’on y adjoint également ceux de l’hippodrome de Franceville.

Selon le quotidien L’Union, la facture revendiquée s’élèverait à 200 milliards de francs CFA sur les 400 du montant total des travaux auxquels il faut ajouter 100 milliards de francs d’intérêts de retard de paiement. Ce qui, pour certains, semble énorme au regard des travaux proprement dits. Le parquet de Libreville a été mis à contribution pour comprendre ce qui s’est réellement passé pour que l’Etat puisse se retrouver avec une dette si colossale. L’enquête diligentée devrait ainsi permettre de répondre à plusieurs questions : les règles en matière de passation des marchés publics avaient-elles été respectées ? Où se trouvent les conventions de financement liant Guido Santullo à l’Etat Gabonais ? Qui avait la charge du contrôle des travaux ? Sur quelles bases étaient fixés les montants de ces chantiers ?

Dans cette enquête, l’on devrait également savoir à quelle hauteur Guido Santullo a-t-il préfinancé les travaux réalisés, ainsi que l’origine des fonds ayant permis la construction de ces infrastructures. Il est d’ailleurs à relever dans ce cas que l’on a évoqué l’attribution, de gré à gré, des marchés publics à son groupe, compte tenu de sa capacité à apporter des préfinancements. Sur l’origine des fonds, l’enquête permettra de savoir s’ils avaient été empruntés auprès des banques locales ou si ce sont des fonds propres des entreprises de M. Santullo.

A ce jour quoi qu’il en soit, l’Affaire Santullo contre l’Etat gabonais a déjà fait état de corruption présumée au sommet de l’Etat, et au centre de laquelle se sont retrouvés d’anciens ministres, d’anciens directeurs généraux d’entreprises et d’infrastructures publiques ainsi que des ministres actuellement en fonction. D’autres croupissent déjà en prison en attendant que les enquêtes révèlent la sincérité des faits et des allégations. Avec cette investigation que mène le parquet de Libreville, l’on espère que la lumière soit définitivement faite sur ce conflit qui, chaque jour, ternit un peu plus l’image du Gabon sur la scène internationale.