Accusé d’avoir floué l’Etat gabonais sur certains chantiers, l’homme d’affaires italo-franco-guinéen aurait bénéficié de la complicité de l’administration financière publique. L’opération Mamba diligentée au lendemain de la dernière présidentielle s’intéresserait à des cadres du Budget.

Guido Santullo, le P.-DG du groupement Santullo-Sericom. © Gabonreview

 

L’affaire opposant Guido Santullo à l’Etat gabonais, on n’a pas fini d’en entendre parler. Des mois après l’ouverture de l’enquête, la justice s’intéresserait à de nouveau cas de complicité ayant permis à l’homme d’affaires italo-franco-guinéen de bénéficier de quelques largesses de la part de certains cadres de l’administration publique. L’administration financière serait visée, selon le quotidien L’Union qui, remet au goût du jour un chantier attribué au groupe Santullo-Séricom Gabon dans le Haut-Ogooué.

L’opération Mamba, lancée au lendemain de la présidentielle d’août 2016, s’intéresserait désormais au chantier de l’axe routier Akiéni-Onga. Il se trouve que le groupement Santullo-Séricom Gabon «n’a jamais livré» cette voie longue de 60 km. Les enquêteurs s’intéresseraient au fait que ce marché ait été passé de gré à gré en octobre 2012. Comme prévu par la loi, la direction générale du Contrôle des ressources et des charges publiques prenant alors le pas sur la Direction générale des marchés publics, n’aurait pas initié d’appel d’offres. L’ancien DG du Contrôle des ressources et des charges publiques, Jean-Fidèle Ontandault, aurait-il, lui aussi, fermé les yeux et bénéficié des largesses de l’homme d’affaire italien, qui réclame 360 milliards de francs CFA à l’Etat gabonais ? Reste à l’enquête de le déterminer.

N’empêche, selon L’Union, «les premiers éléments de l’enquête montrent bien, dans cette affaire, que l’administration financière aurait été d’une complicité passive, en se chargeant, sans contrôle aucun et sur la base de certifications querellées aujourd’hui, de payer trois ordonnancements d’un montant total de 10 milliards de francs CFA».

Les enquêteurs s’intéresseraient en particulier à «la nature des décaissements opérés avec une curieuse célérité par la chaîne de la dépense de l’Etat». Des décaissements opérés sans qu’une réelle avancée des travaux sur le chantier n’ait été observée. Il s’agit notamment de deux décaissements de 4 milliards chacun et un de deux milliards.