L’actuel ministre de la Santé aurait bénéficié du soutien financier de l’homme d’affaires italien lors des législatives de 2011, pour avoir les faveurs du président de la République et se voir attribuer des marchés en plus.

Accusé de corruption par Santullo, Léon N’zouba démissionnerat-il à nouveau si l’homme d’affaires italien dit vrai ? © D.R.

 

C’est une affaire qui mériterait l’attention des autorités judiciaires gabonaises, en vue de permettre que toute la lumière soit faite sur les accusations et autres rumeurs qui circulent ces derniers mois. D’autant plus qu’il s’agit de corruption présumée au sommet de l’Etat, et au centre de laquelle se trouveraient des ministres actuellement en fonction, à l’instar de Léon N’zouba. Selon l’hebdomadaire Echos du nord du lundi 24 avril, le ministre de la Santé aurait reçu de Guido Santullo la somme de 50 millions de francs CFA et une bonne quantité de marbre pour la construction de sa villa à Mouila.

«L’argent versé au ministre lui aurait permis de financer sa campagne pour les élections législatives de 2011», croit savoir l’hebdomadaire qui affirme avoir obtenu ces informations «lors d’un entretien en off» avec le patron du Groupement Santullo-Sericom à Paris (France), au début du mois d’avril 2017. Des informations faisant suite à celles partiellement livré, le 11 avril dernier, par l’hebdomadaire La Loupe, et selon lesquelles l’homme d’affaires italien avait soutenu avoir informé Ali Bongo de ce qu’il n’avait pas donner de l’argent à Magloire Ngambia, l’ancien ministre de l’Economie aujourd’hui en prison, soupçonné de détournement de l’argent public. Le patron de l’entreprise de BTP aurait affirmé avoir fait ces donations à un «ami personnel du président de la République et actuellement membre du gouvernement».

Derrière cette somme d’argent et ce don de marbre, Léon N’zouba, l’«ami personnel» d’Ali Bongo, aurait été chargé de négocier l’octroi de marchés au groupement de BTP à qui avait déjà été attribué la construction du pont de Mayumba et la route Mouila-Ndendé. Pourtant, toujours selon Echos du nord, interrogé sur le sujet par la direction de la contre-ingérence, il y a quelques jours, l’actuel ministre de la Santé qui, au moment des donations n’était plus ministre en charge des Infrastructures, «aurait tout nié en bloc».

Pour l’heure, l’on espère que le Parquet de Libreville fera preuve de la même célérité que pour l’affaire liée aux soupçons de corruption avec la société chinoise Sinohydro dans laquelle avait été cité Franck Ping.