Convoqué ce 17 janvier par le premier juge d’instruction près le Tribunal de première instance de Libreville, pour une audition à titre de renseignement dans l’affaire Pascal Oyougou, Jean Ping n’a pas daigné répondre à l’injonction du juge.

Jean Ping. © thisisafrica.me

 

Peu après avoir pris connaissance de sa convocation par le premier juge d’instruction près le Tribunal de première instance de Libreville, l’ancien candidat à la présidentielle, qui se proclame toujours vainqueur du scrutin de 2016, avait déclaré qu’il ne s’y rendrait pas.

Ce 17 janvier, jour de sa confrontation avec la juge Marie Christine Lebama, l’ancien président de la Commission de l’Union africaine n’a pas trahi sa parole. En effet, Jean Ping est simplement resté chez lui. Comme pour justifier son attitude, il a affirmé dans les colonnes du journal en ligne «Libération», redouter un piège du régime en place dont l’objectif serait sa liquidation.

«Et c’est pour cette raison que je ne vais pas chez le juge. J’envoie simplement mes avocats, pour plaider le droit dans cette affaire montée de toutes pièces : un partisan de l’opposition, Pascal Oyougou, arrêté en septembre, m’accablerait soudain de tous les maux ? Ah bon ? Il est en prison, n’a jamais été entendu par un juge… Et là, il m’accuse? Mais de quoi ? Et si c’est avéré, que faut-il en conclure ? Qu’il a été torturé ? Qu’on lui a fait des promesses ? Tout ça ne tient pas debout…», a-t-il déclaré.

Si l’ancien candidat à l’élection présidentielle d’août 2016, a le droit de se préoccuper de sa sécurité et de douter de la sincérité et de l’impartialité de la justice de son pays, il gagnerait également à mieux se faire conseiller, suggère un juriste. Car, explique-t-il : «en matière pénale la représentation n’existe pas. On parle plutôt de l’assistance. Et seul le convoqué répond à toutes les questions du juge. Il ne s’agit nullement d’un jugement, il s’agit d’une procédure pour la manifestation de la vérité».

Convaincu de bien connaître le système et ses stratagèmes, Jean Ping affirme être persuadé que le pouvoir veut désormais l’éliminer, dans l’espoir de mettre un terme à la crise qui paralyse le pays depuis la dernière élection présidentielle d’août 2016.

«Je pense surtout que ce pouvoir est aux abois et qu’il a monté cette affaire de convocation judiciaire pour essayer de me forcer à capituler. Je sais pertinemment quel est leur projet : me convoquer chez le juge, puis m’interpeller. Et ensuite, peut-être m’inoculer un poison dont les effets se feront sentir plus tard», a-t-il affirmé. Poursuivant qu’ «en réalité, Ali pensait que je finirais par accepter un compromis, qu’après toutes ces violences, il m’offrirait un poste et tout recommencerait comme avant. Et comme cette fois ça ne marche pas, le régime se durcit».

Après le refus du président de la CNR de répondre à cette convocation, il appartient désormais au juge d’apprécier la situation. En effet, elle disposerait selon la loi, dans l’ordre graduel : du mandat d’amener, du mandat d’arrêt et du mandat de dépôt, pour poursuivre l’instruction du dossier. Arrivera-t-on à ces extrêmes ?