Dans une déclaration faite le 6 septembre dernier, à son siège de l’ancienne Sobraga, l’Union Nationale (UN, parti de l’opposition dissout) a marqué son soutien sans réserve et sa confiance totale à son vice-président mis en cause dans l’affaire des fêtes tournantes.

Raphaël Bandega Lendoye, vice-président de l’UN, le 6 septembre 2014 à Libreville. © Gabonreview
Raphaël Bandega Lendoye, vice-président de l’UN, le 6 septembre 2014 à Libreville. © Gabonreview

 

Alors que les enquêtes sur les malversations financières supposées dans la cadre des fêtes tournantes suivent leur cours, l’Union Nationale a tenu à livrer son sentiment sur la mise en cause de l’un de ses vice-présidents. Dans une déclaration rendue publique le 6 septembre dernier, Raphaël Bandega Lendoye a donné la lecture que sa famille politique fait de cette affaire. Reconnaissant, d’entrée de jeu, avoir encouragé son vice-président dans sa volonté de répondre publiquement aux accusations qui font de lui, à titre provisoire, le comptable de fait d’une somme d’argent de 98 milliards 300 millions de francs perçue du Trésor public en qualité de président du Comité des fêtes tournantes de la province de l’Estuaire entre 2006 et 2007, il a apporté un soutien franc et clair à Jean Eyéghé Ndong, indiquant «souscrire totalement aux arguments qu’il a développés dans sa déclaration». De ce fait, il invite tous les militants et sympathisants de son parti à «associer leurs documents et leur mémoire pour rétablir la vérité, toute la vérité, sur les fêtes tournantes et ceux qui doivent en rendre compte».

La procédure utilisée par la Cour des comptes dans cette affaire est toutefois qualifiée de «bâclée et inquisitoriale». Ainsi,l’Union Nationale estime qu’elle  «ignore la présomption d’innocence et les droits de la défense, fondement essentiels du droit pénal gabonais». En conséquence, tout en marquant sa désapprobation, le parti dirigé par Zacharie Myboto craint que l’on ne soit face à une «instrumentalisation de la justice à des fins politiciennes et une manœuvre tendant à noircir l’image de Jean Eyéghé Ndong, de l’Union Nationale et de toute l’opposition». «L’Union Nationale dénonce cette volonté de nuire cherchant à faire assumer par l’opposition toute la responsabilité d’un grand déballage qui détourne le regard des Gabonais de la gestion apocalyptique de leur pays, de son pillage à grande échelle par Ali Bongo et sa légion étrangère, et qui les empêche de se poser les bonnes questions», a déclaré Raphaël Bandega Lendoye.

Selon le vice-président de l’Union Nationale, la préoccupation actuelle des Gabonais est toute autre. Il s’agit d’obtenir des dirigeants du pays des réponses claires sur la destination des 450 milliards de francs du dernier emprunt obligataire, l’origine de l’argent ayant servi à l’acquisition de biens immobiliers se chiffrant en centaines de milliards de francs en France, en Angleterre, aux Etats-Unis (…) au bénéfice d’Ali Bongo, les raisons des versements réguliers réalisés par le Trésor public à son épouse américaine, etc. «Ali Bongo doit savoir qu’il rendra compte des budgets qui ont été généreusement affectés, notamment à l’occasion des fêtes tournantes, au ministère de la Défense», a-t-il indiqué.