Jugeant la détention de Blaise Wada  illégale, en raison de l’absence de la décision de justice l’ayant condamné à 20 ans de prison dans le cadre de l’opération Mamba, ses avocats envisagent de saisir la chambre d’accusation pour demander sa libération.

Martial Loundou et Jean Paul Moubembe tous deux avocats de lé défense de Blaise Wada lors de la conférence de presse le 7 juillet 2018. © Gabonreview

 

L’emprisonnement de Blaise Wada, l’ancien Coordonnateur de l’Unité de coordination des études et des travaux (Ucet), condamné à 20 ans de prison dans le cadre de l’opération Mamba, est loin d’être légal selon ses avocats.

 À la faveur d’une conférence de presse tenue le 7 juillet à Libreville, Martial Loundou et Jean Paul Moubembe ont décrié l’absence à ce jour, de la décision écrite de condamnation de leur client avant de relever le vice de procédure.

«Depuis la condamnation le 26 avril 2018 de notre client, aucune décision de justice écrite ne nous a été présentée», a expliqué Me Jean Paul Moubembe. Cet état de fait, estime l’avocat, «ne permet pas à la défense de Blaise Wada de critiquer la décision de justice devant la Cour de cassation ».

Pour sa part, Me Martial Loundou a relevé ce qu’il qualifie de vice de procédure en amont. Selon l’avocat, «du point de vue de l’ordonnancement juridique, la Cour des comptes aurait dû être saisie préalablement pour permettre l’établissement de la preuve, s’agissant d’un détournement des deniers publics qui oppose un fonctionnaire à l’Etat».

Dans ce cas précis, argumente ce dernier, cela aurait impliqué «l’agent judiciaire de l’Etat qui aurait dû porter plainte et produire un arrêté de débet qui déclenche les poursuites à l’encontre de Blaise Wada». Or,  dans le cas d’espèce, a dénoncé l’avocat,  «aucune  démarche n’a été menée dans ce sens. Pire, Blaise Wada n’a été condamné que sur la  base d’une simple dénonciation».

Se basant sur cet argumentaire, les deux avocats jugent la condamnation et la détention de Blaise Wada «illégales». Ils promettent de «saisir dans les prochains jours la chambre d’accusation pour réclamer la libération d’office de leur client».

Condamné le 26 avril 2018, l’ancien coordonnateur de l’Unité de coordination des études et des travaux (Ucet) avait été reconnu coupable de faits de détournement de deniers publics par la Cour criminelle spéciale dans le cadre de l’opération Mamba.

Blaise Wada a écopé d’une peine d’emprisonnement de 20 ans, assortie d’une mesure confiscation de ses biens, de rapatriement des fonds logés à l’étranger et de remboursement, au Trésor public, de plus de 2 milliards de francs CFA.

Auteur : Jean-Thimothé Kanganga