L’affaire Aba’a Minko a été au centre de la conférence de presse du ministre de la Communication, le 19 juin à Libreville. Si Alain-Claude Billie-By-Nzé a affirmé que le bénéficiaire de ces actes était Jean Ping, il a également demandé à ce dernier, au nom du gouvernement, de les «condamner».

Alain-Claude Billie-By-Nzé, ministre gabonais de la Communication, Porte-parole du gouvernement. © Gabonreview

 

L’affaire Roland Désiré Aba’a Minko, la grande actualité de la semaine écoulée continue de faire du remous dans le pays. Ancien candidat à l’élection présidentielle du mois d’août 2016 et soutien de Jean Ping à ce scrutin, Roland Désiré Aba’a Minko a donné un ultimatum de 72 heures à Ali Bongo, le 16 juin, pour quitter le pouvoir. Son commando armé de fusils et de machettes avait fait irruption dans des médias publics et privés (Africa N°1, TV+, Kanal 7 et Gabon Télévision) sollicitant la diffusion des messages à travers lesquels, cet ancien candidat à la présidentielle appelait à «la déstabilisation des institutions».

Réagissant à ces actes, le Porte-parole du gouvernement, sans citer les résultats ou les conclusions d’une enquête quelconque, a déclaré que «Roland Désiré Aba’a Minko dont le soutien à Jean Ping est notoirement connu, a agi pour le compte de ce dernier qui devait être bénéficiaire d’un aboutissement de son action de violence».

En indiquant que le gouvernement rejetait toutes formes de violence, le ministre de la Communication a demandé à Jean Ping de condamner ces actes. «Les actes posés par l’un de ses soutiens», a affirmé Alain-Claude Billie-By-Nzé, exhortant également Jean Ping à «appeler les siens à abandonner ce discours de violence et de haine».

Pour le gouvernement gabonais, en effet, «Monsieur Aba’a Minko a agi après avoir écouté tous les discours de violence prononcés avant, pendant et après le scrutin présidentiel». Discours qui, selon lui, dessert l’idéal démocratique auquel le peuple gabonais a librement adhéré et que tous les acteurs politiques devraient respecter.

Le Porte-parole du gouvernement assure que cette «insurrection armée» avait pour but «d’installer Monsieur Jean Ping comme président de la République gabonaise». «De tels actes révèlent des comportements étrangers à la coutume et à la pratique politique dans notre pays. Ces actes constituent des entraves graves au bon fonctionnement de notre jeune démocratie et à la marche de notre pays».

Par ailleurs, a-t-il ajouté : «Ces actes sont la résultante des dérives verbales et des appels répétés à la violence qui sont devenus de véritables marqueurs de la pratique politique de monsieur Jean Ping». Ce dernier se révèle, selon Alain-Claude Billie-By-Nzé, au fil des jours comme étant devenu un véritable gourou de la violence.

Au nom du gouvernement, le ministre de la Communication a par ailleurs appelé la population au calme et à la sérénité. Et ce dernier de demander aux uns et aux autres de vaquer librement à leurs occupations. Mais surtout, «de rester vigilants afin de déjouer toutes les manœuvres sordides ourdies par les ennemis de la démocratie».