Accusée de soutenir des régimes africains corrompus ou dictatoriaux, mais également de fermer les yeux sur la trajectoire réelle empruntée par l’aide au développement accordée notamment au Gabon, l’Agence française de développement(AFD) rejette en bloc ces accusations.

Le directeur général de l’AFD, Rémy Rioux. © D.R.

 

Le principal opérateur de l’aide française au développement est de plus en plus critiqué en Afrique. L’Agence française de développement (AFD) est perçue par beaucoup comme un dispositif mis en place pour soutenir les dictatures et régimes corrompus qui sécurisent les intérêts de Paris, au détriment des intérêts de la population.

Dans une interview accordée au journal en ligne Monde Afrique, le directeur général de l’AFD, Rémy Rioux, assure «avoir des mains propres et agit pour les populations». Si l’organisme qu’il dirige est «un instrument différent et complémentaire des instruments de défense ou de diplomatie», l’objectif de l’AFD est «d’atteindre les populations et d’améliorer leurs conditions de vie, sans précondition de nature politique», affirme-t-il.

Pour répondre à ceux qui, de plus en plus nombreux, doutent de la justesse des actions de l’AFD, Rémy Rioux les renvoie à la faiblesse des institutions de leurs pays, lesquelles sont incapables de gérer les tensions internes et d’avancer dans le parcours du développement.

«La qualité de la gouvernance publique, le consensus social, le respect des libertés publiques contribuent au développement. En gardant toujours à l’esprit qu’il n’existe pas de formule magique et unique dans ce domaine, qui voudrait que tout le monde ait les mêmes institutions que la France ou les Etats-Unis ! Il y a des valeurs communes et il y a ensuite des institutions diverses qui les incarnent et permettent à un pays de gérer ses tensions et d’avancer dans son parcours de développement», soutient le directeur général de l’Agence.

Ce dernier justifie également la justesse du prêt accordé au Gabon en 2017 et dénoncé par plusieurs organisations de la société civile. Pour Rémy Rioux, l’AFD avec d’autres institutions financières, notamment le Fonds monétaire international (FMI), veulent à travers le prêt triennal de 255 millions d’euros approuvé le 1er décembre 2017 et accordé au Gabon, «assurer la stabilité macroéconomique du pays, frappé depuis plusieurs années par la chute brutale des prix du pétrole, pour éviter que les populations ne soient touchées plus durement encore. Dans ces situations de crise financière, le niveau des réserves de change et la soutenabilité de la dette doivent être préservés. Notre prêt y contribue». Le patron de l’AFD affirme travailler aussi très concrètement avec les acteurs locaux. «Notre action cherche à répondre au plus près aux besoins des populations, avec des résultats tangibles».

Le 19 août 2018, un Gabonais installé en France et trois organisations de la société civile gabonaise avaient déposé une requête devant le tribunal administratif de Paris, dans le but de faire annuler la garantie de l’Etat français accordée au dernier prêt de 75 millions d’euros accordé au Gabon par l’Agence française de développement.