Réalisée pendant plus de dix ans sur les populations de gorilles et chimpanzés en Afrique équatoriale occidentale (AEO), une étude souligne que cette partie du continent regroupe plus de la moitié de estimations initiales.

© Zanne Labuschagne/WCS

 

Une étude réalisée pendant dix ans sur les populations de gorilles et chimpanzés en Afrique équatoriale occidentale (AEO), souligne la présence de plus de 360 000 gorilles, et près de 130 000 chimpanzés. Soit environ, respectivement, 1/3 et 1/10 de plus que les estimations initiales dans cette partie du continent.

Ces révélations émanent d’une étude dirigée pendant dix ans dans les forêts d’Afrique équatoriale occidentale, par la WCS (Wildlife Conservation Society), et ses partenaires de la conservation et organisations gouvernementales. Selon les conclusions issues de cette étude intitulée, «les armes, les germes et les arbres déterminent la densité et la répartition des populations de gorilles et chimpanzés en Afrique équatoriale occidentale». Parmi les 14 taxons de grands singes qui existent encore, les gorilles de plaines de l’Ouest et les chimpanzés d’Afrique centrale sont les plus nombreux. Environ 80 % de ces grands singes vivent en dehors des zones protégées et le nombre de gorilles chute de 2,7 % par an.

«Nous sommes ravis que les forêts d’Afrique équatoriale occidentale abritent encore des centaines de milliers de gorilles et de chimpanzés, mais nous constatons également que la plupart de ces primates vivent en dehors des zones protégées et sont donc vulnérables au braconnage, aux maladies, ainsi qu’à la dégradation et à la perte de leur habitat», a commenté Samantha Strindberg, de la WCS. Selon elle, les conclusions de cette étude vont permettre d’orienter les stratégies de gestion nationales et régionales qui protègent l’habitat restant. Tout comme, elles vont renforcer les efforts de lutte contre le braconnage et limiter les répercussions du développement sur les grands singes et les autres espèces.

Pour les 54 co-auteurs de cette étude, la survie de ces primates ne peut absolument pas être considérée comme un acquis. Car, ils dépendent intimement d’un habitat abritant des ressources naturelles recherchées à l’échelle locale ou mondiale (ex. pétrole, minéraux, bois), en particulier en dehors des zones protégées, où la majorité des individus se trouvent.

«Les efforts de lutte contre le braconnage, l’exploitation illégale des forêts et la dégradation et la destruction des habitats sont essentiels pour maintenir les populations de grands singes», a souligné l’étude.