Ces derniers jours, les différentes ailes de l’Alliance démocratique et républicaine (Adere) se mènent une guerre par médias interposés, au point de dérouter leurs différents militants qui ne savent plus lequel des présidents déclarés est le bon.

Pour s’approprier l’Adere, Florentin Moussavou (à gauche) et Didjob Divungi di Ndinge se mènent une guerre judiciaire. © Collage/Gabonreview

 

Qui de Florentin Moussavou, Didjob Divungi di Ndinge ou Victor Missanda est le «vrai» président de l’Adere, et qui sont les usurpateurs ? Bien malin qui répondra à cette question que se posent ces derniers jours les militants des trois différentes ailes du parti. Un parti dont on ne sait pas véritablement s’il est à considérer comme étant de l’opposition ou de la Majorité républicaine et sociale pour l’émergence.

N’empêche, chacun des leaders déclarés est convaincu de détenir la vérité et d’être à la place qui lui revient de droit. Les deux ailes représentées par le ministre en charge de l’Education nationale et l’ancien vice-président de la République sont récemment entrées dans une farouche guerre des nerfs par médias interposés. Le 11 juillet, dans un communiqué, l’aile présidée par Didjob Divungi di Ndinge jugeait illégale et illégitime la fraction dirigée par Florentin Moussavou. Elle brandissait alors une décision de la Cour d’appel de Libreville datée du 3 juillet 2017, qui reconnaissait, entre autres, la légitimité du congrès des 19 et 20 décembre 2014 ayant porté l’actuel allié de Jean Ping à la tête de l’Adere.

La publication de ce communiqué a suscité une réaction de la part des partisans de l’aile de Florentin Moussavou, qui assurent n’avoir reçu aucune notification de la décision judiciaire brandie par la partie adverse. Comme pour affirmer de l’authenticité de cet arrêt de la Cour d’appel, le cabinet d’avocats Moubeyi-Bouale, conseil de l’Adere tendance Moussavou, a émis, mardi 18 juillet dans le quotidien L’Union, un communiqué dans lequel sa cliente prévoit de se pourvoir en cassation, «au même moment qu’une requête aux fins de sursis à son exécution sera introduite devant cette haute juridiction». Comme quoi, l’imbroglio au sein de la «famille» Adere et la guerre des nerfs ne sont pas près de connaître leur épilogue.