Attendue le 8 janvier, la déclaration de certains membres de l’opposition gabonaise ayant assisté au Dialogue politique d’Angondjé n’a pas eu lieu. Alors qu’ils devaient dénoncer le tripatouillage des Accords de ces assises par le Parlement et le gouvernement, Mathieu Mboumba Nziengui et les siens se sont désistés.

Quelques membres de l’opposition et de la majorité faisant partie de la Commission suivi-évaluation des Actes du Dialogue lors d’une réunion. © Gabonreview

 

Présentée comme une «mise en garde» à l’exécutif, face aux conséquences auxquels s’exposeraient le pays si les Actes du Dialogue d’Angondjé n’étaient pas appliqués, la déclaration de Mathieu Mboumba Nziengui et les siens n’a plus été lue le 8 janvier, comme prévue.

Quelques heures auparavant, en effet, ces membres de l’opposition étaient montés au créneau pour fustiger l’attitude des parlementaires et du gouvernement. Selon eux, les députés ont remis en cause les acquis des Accords d’Angondjé, en procédant aux amendements des conclusions de ces assises qui devraient être entérinées ce 10 janvier, à l’issue d’une session extraordinaire du Parlement.

Selon le quotidien L’Union du 9 janvier, «les acteurs de ce bord politique auraient estimé qu’il était plus sage de laisser l’exécutif revoir les points litigieux sans pression aucune (…) En clair, ils ont opté pour une détente».

Toutefois, l’on se demande si cette volte-face n’est pas plutôt liée au délai d’action très limité. Le processus de révision constitutionnelle franchira, en effet, sa dernière ligne droite le 10 janvier prochain avec l’adoption finale en congrès du Parlement. La commission mixte paritaire Assemblée nationale-Sénat s’étant encore réunie le 8 janvier dernier, après validation du texte en termes identiques, pour choisir le mode de votation.

En clair, le combat que mène cette frange de l’opposition paraît déjà perdue puisqu’au regard de ce qui précède, le texte devrait passer «comme une lettre à la poste».