La cohésion affichée par une frange de l’opposition et la majorité à l’issue du Dialogue politique d’Angondjé s’effrite. Le 7 janvier 2018, le co-président de la Commission suivi-évaluation des Actes de ces assises, Mathieu Mboumba Nziengui, et les siens ont dénoncé «une remise en cause» de ces acquis par le parlement.

Mathieu Mboumba Nziengui et quelques membres de l’opposition se sentent-ils désormais inutiles au sein de la Commission ? © D.R.

 

Réunis pour apprécier le travail effectué par les parlementaires en vue de la mise en œuvre définitive des Actes du Dialogue politique, les membres de la Commission suivi-évaluation représentant l’opposition sont en colère.

Le co-président de cette commission ad hoc, Mathieu Mboumba Nziengui, et quelques-uns de ses collègues de l’opposition, en l’occurrence le Co-vice-président, Thierry d’Argendieu Kombila, le co-rapporteur, Daladier-Hubert Minang Fils, ont fustigé l’attitude des parlementaires et du gouvernement qui, selon eux, remettent en cause les acquis des Accords d’Agondje.

Le groupe conduit par le président de l’Union du peuple gabonais (UPG) a précisément dénoncé les amendements apportés par le parlement sur les conclusions de ces assises et qui devraient définitivement être entérinées dans les prochains jours. Ils s’appuieraient sur un rapport de la commission paritaire mixte Assemblée nationale-Sénat en leur possession pour dénoncer ces agissements.

«Nous ne pouvons pas cautionner cela», a déclaré Daladier-Hubert Minang Fils, ajoutant que «ce qui se passe va à l’encontre de l’esprit consensuel d’Angondjé». Ce groupe estime qu’il s’agit d’une violation, à dessein, de la Constitution par le pouvoir et leur démarche vise à attirer l’attention de l’opinion afin de dégager leur responsabilité dans ce qui pourrait advenir, à la suite de ce «tripatouillage»

A titre d’exemple, ils mettent en relief l’article 28 nouveau de la Constitution qui stipule que «le gouvernement conduit la politique de la Nation sous l’autorité du président de la République… ». Or, Mathieu Mboumba Nziengui et les siens estiment qu’en cas de cohabitation, seul le gouvernement devrait normalement conduire la politique de la Nation et non le chef de l’Etat. L’autre élément querellé est le mandat des sénateurs ramené à six ans au lieu des cinq ans, comme arrêté lors des travaux du Dialogue. Ces mandats ont été ajustés avec ceux des élus locaux, à six ans.

Pour ces membres de l’opposition, les sénateurs ont clairement affiché leur ambition, celle d’opérer «un passage en force afin de conserver leurs privilèges». «Ce n’est pas normal et ce n’est pas ce que nous avons obtenu de manière consensuel à Angondjé», a martelé le co-président de la Commission ad hoc, soutenu par le co-rapporteur qui, lui, a invoqué la crainte de voir le pays replonger dans la crise.

Face à ce «tripatouillage des Actes du Dialogue d’Angondjé», ils ont annoncé une déclaration de l’opposition dans les prochains jours. Ils ont également invoqué une éventuelle suspension de la participation de leurs membres dans le gouvernement, de même que dans toutes les institutions, y compris dans la Commission ad hoc.