Plusieurs jours après le dernier accident de Kango, les questions sur la responsabilité des pouvoirs publics subsistent toujours, alors que certains au ministère des Transports et de la Logistique, ainsi qu’au sein des organisations syndicales du secteur, s’interrogent déjà sur le maintien à la tête de la DGTT et de la DGSR des personnes n’ayant pas forcément l’expertise du domaine.

Ali Bongo aux côtés d’un accidenté de Kango, le 16 septembre 2017 à Libreville. © Presse présidentielle

 

Plus d’une semaine après l’accident tragique de Kango ayant fait, aux dernières nouvelles, sept morts et neuf blessés, les langues n’ont pas fini de se délier dans le secteur des transports terrestres, y compris au ministère des Transports et de la Logistique. Récemment, sur Gabon 24, Ghislain Malanda, le président du Syndicat des agents du ministère du transport et de l’aviation civile (Samtac) n’a pas hésité à pointer du doigt les responsables de l’administration publique qui, selon lui, s’ils avaient mis en application les textes de loi relatifs à la sécurité routière, auraient permis d’éviter les nombreux accident survenus sur la Nationale 1 ces dernières années. «Le ministère et la direction générale de la sécurité routière», a reconnu le syndicaliste, avant d’indexer nommément, lors d’un récent point de presse, le colonel Jean Dzime Ze Mba qui, selon lui, «a montré ses limites». Au Samtac, l’on estime que le drame de Kango est survenu en raison de l’absence de contrôle véritable à Libreville et ses environs. Les agents affectés au contrôle routier seraient contraints de ne faire que le minimum, en raison de contrats tacites passés entre certains responsables de la DGSR et des prestataires (vendeurs des produits de premier secours).

S’il a déploré, quant à lui, l’absence de loi interdisant aux transporteurs d’avoir à bord des récipients de carburant, Emmanuel Marcos Zue Meye Eyene, membres de la Coordination générale des entreprises du secteur sécurité dans les transports, a également pointé le manque d’expertise des hommes et femmes placés à la tête de la direction générale des Transports terrestres (DGTT) et à la direction générale de la sécurité routière (DGSR). «Il est temps que certains assument leurs responsabilités dans ces différents drames routiers que notre pays a enregistré ces dernières années», s’est-il récemment exprimé sur TéléAfrica.

«Il est inadmissible de continuer à signer des chèques en blanc aux responsables de la DGSR et de la DGTT. Ce qui s’est produit à Kango résulte de la confusion des genres issue, notamment de la création de la DGSR. Les politiques ont instauré une règle selon laquelle, ne peut être premier responsable de cette administration qu’un agent des forces de sécurité et de défense, c’est-à-dire qu’en lieu et place du développement des mécanismes de prévention, de sensibilisation et de contrôle, c’est la répression qui est privilégiée», s’est plaint Emmanuel Marcos Zue Meye Eyene, estimant qu’«il n’y a aucune corrélation entre sécurité routière, défense nationale et sécurité publique».

Au ministère des Transports et de la Logistique, certains seraient d’avis avec le porte-parole de la Coordination générale des entreprises du secteur sécurité dans les transports. C’est, en tout cas, ce que l’intéressé assure, tout en exhortant les autorités à nommer aux postes de DG des transports terrestres et de la sécurité routière «des personnes dotées d’une expertise avérée en matière de sécurisation des biens et des personnes dans les modes de transports terrestres».

Question : les patrons de la DGTT et de la DGSR seront-ils révoqués ou démissionneront-ils ? Rien n’est encore sûr. L’on espère toutefois que l’enquête annoncée par le gouvernement, le lendemain du drame de Kango, a déjà démarré, et que celle-ci permettra réellement d’établir les responsabilités de chacun dans le secteur.