En réaction aux protestations et dénonciations des communautés locales du 1er arrondissement d’Akanda, le 22 août dernier, le maire de cette commune met en avant le rôle de la puissance publique et l’intérêt général.

Le maire de la commune d’Akanda, Claude-Michel Sezalory, au NYFA 2015. © Gabonreview

Le maire de la commune d’Akanda, Claude-Michel Sezalory, au NYFA 2015. © Gabonreview

 

Gabonreview : le 22 août dernier [lire «Akanda : Touche pas à mes terres !»], des autochtones du Cap Estérias et ses environs ont marché pour dénoncer les appropriations abusives de terres. Qu’en est-il au juste ?

Claude-Michel Sezalory : J’ai entendu parler de cela. Ma réaction est que c’est un projet d’État et c’est fait pour le développement de tout le monde. Donc on ne peut pas, parce que certaines personnes disent disposer de terres ancestrales, bloquer tous les projets d’État. Ce n’est pas possible. La partie du Cap Esterias qui est peut-être qualifiée de terre ancestrale, c’est celle couverte par le parc d’Akanda et quand on regarde les superficies, on se rend compte que toute cette zone est classée et aucun titre ne peut-être attribué selon la loi et la législation. La partie qui est réclamée est une partie qui ne l’était pas et qui n’a jamais été connue de l’ensemble des communautés comme étant ancestrale. La deuxième chose est que la route qui a été développée par l’État, visant à goudronner la voie qui va jusqu’au Cap Estérias n’est que dans une extension de la commune d’Akanda.

Ces populations qui avaient à leur tête le roi des Benga, Marcel Nkombouet, ne chantent pas un cantique différent du vôtre. Ils disent oui aux projets qui tiennent compte des populations locales. Cependant, ils condamnent les appropriations abusives des terres. Quelles sont ces projets de développement qu’ils auraient du mal à percevoir ?

Nous avons plein de projets pour la commune, notamment la construction d’une zone industrielle, d’une marina, d’un parc pour la jeunesse. Un ensemble d’actions qui prennent du temps mais qui finiront par aboutir. Actuellement, il y a déjà deux projets qui ont été mis en droit d’utilité public (DUP), notamment la mise en place de 10 000 parcelles pour les populations sur un programme en trois phases en partenariat avec la fondation Prince Charles, parce que les populations ont demandé des terrains habitables et, l’autre côté, ce sont des parcelles viabilisées également pour les populations.

Il faut qu’on sache ce qu’on veut. Est-ce-que nous voulons donner des terrains à l’ensemble des Gabonais pour qu’ils puissent construire leurs maisons, ou on veut rester dans un cycle vicieux où à chaque fois que l’État veut initier des projets, il y a toutes ces difficultés qui subsistent. Parler de terres ancestrales c’est bien, mais il faut se souvenir qu’à Oyem en 2011, le président de la République avait dit qu’il y a le retour au domaine public de toutes les grandes propriétés foncières. Et jusqu’à aujourd’hui, le gouvernement actuel est entrain de payer les conséquences de cette décision de rétribuer aux populations ce qui leur revient de droit.

Vous avez là le parc d’Akanda, très connu pour son île aux oiseaux. Cependant le parc est victime d’un scandale écologique, avec sa mangrove qui est fortement attaquée par des squatters. Comment comptez-vous lutter contre ce phénomène ?

Nous travaillons à l’heure actuelle avec les parcs nationaux de façon à arrêter cette occupation anarchique de la mangrove.