Arrivé à Rabat (Maroc) où Ali Bongo poursuit sa convalescence à l’hôpital militaire, son ancien directeur de cabinet et ami n’a pas pu aller à son chevet. Sylvia Bongo fait le tri. Et, si l’intox abonde autour de son époux de président, les personnalités du dernier cercle de celui-ci sont connues tandis que les intrigues de Palais se dessinent.

Maixent Accrombessi (à g.), ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo, a été tenu éloigné de celui-ci convalescent. En arrière-plan, Park Sang-chul, homme-clé du cercle de Rabat. © Jeune Afrique

 

L’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo, légendaire ami de celui-ci, Maixent Accrombessi, est arrivé au Maroc, le vendredi 30 novembre dernier. Comme de nombreuses autres personnalités faisant actuellement le déplacement de l’Hôpital Militaire d’Instruction Mohammed V de Rabat, il voulait se rendre au chevet du président gabonais. Mais, «l’ex-tout puissant “dircab” n’a pu accéder au chef de l’Etat, cette décision étant du ressort exclusif de Sylvia Bongo», indique, ce 2 décembre, le média digital indépendant du Maroc, le360.ma.

Datant du 16 Juin 2018, la photo illustration la séance de travail intox de la Team Brice Laccruche Alihanga. © DCP-Gabon

L’intox de la Team Brice Laccruche

Le média marocain se méprend cependant en soutenant, comme quelques autres sites ayant succombé à une infox, qu’une «toute première réunion de travail (a été) tenue ce samedi 1er décembre entre le président et ses collaborateurs». Largement tournée au ridicule pour avoir été illustrée d’une photo datant de juin 2018 et avoir mentionné des acteurs qui n’étaient pas au Maroc, cette intox a été lancée sur Facebook par la Team Brice Laccruche Alihanga, se réclamant de l’actuel directeur de cabinet du président de la République.

Cité comme ayant participé à cette réunion de travail, Jean Yves Teale, le secrétaire général de la Présidence de la République, était pourtant bel et bien à Libreville où il a été vu sur le podium du Marathon du Gabon, le même samedi 1er décembre. Egalement cité comme prenant part à la fameuse séance de travail, Régis Immongault, le ministre gabonais des Affaires étrangères, était encore à New Delhi (Inde) où il a rencontré la chancelière indienne Sushma Swaraj. Sur la toile gabonaise, nombreux se demandent que vise la production de cette infox par un cercle clairement connu comme une émanation de Brice Laccruche Alihanga.

Le360.ma note que l’actuel directeur de cabinet n’entretient aucune relation avec son célèbre prédécesseur dont il se démarque «par un style de management foncièrement différent et un écart d’âge important, Accrombessi reste toutefois encore suffisamment influent pour cristalliser l’attention autour de sa personne». Le média marocain pense que le déplacement de celui-ci sur Rabat est le «signe évident que ce célèbre homme politique désire se remettre en selle.» Et de conclure que «les jeux de pouvoirs et les intrigues de Palais semblent avoir pris une nouvelle tournure depuis que le président  Ali Bongo, se trouve à Rabat pour une période de rééducation et de convalescence, après avoir été hospitalisé à Riyad à partir du 24 octobre

Le dernier cercle concentrique d’Ali Bongo

Sylvia Bongo n’est résolument pas seule à veiller et à filtrer l’accès au président. A en croire Jeune Afrique, le noyau dur autour d’Ali Bongo serait constitué du Coréen Park Sang-chul, responsable de la sécurité personnelle du président et Jean-Luc Ndong Amvame, son aide de camp. Les deux étaient à bord de l’avion ayant transporté le président de Riyad à Rabat.

On adjoint à ces «militaires» l’incontournable Sylvia, soutenue par Brice Laccruche Alihanga et par une partie du Palais. L’hebdomadaire panafricain liste, dans ce clan, le médecin personnel d’Ali Bongo, le ministre de la Défense, Étienne Massard, et son collègue de l’Intérieur, Lambert Matha, qui se sont opposés à l’idée de Sylvia «d’amener son époux à Londres, qui abrite pourtant un centre hospitalier spécialisé de renommée mondiale et où le couple possède une propriété.» Hervé Patrick Opiangah figure lui aussi dans ce dispositif et sert de courroie de transmission avec Marie-Madeleine Mborantsuo, la présidente de la Cour. Le titre indique également que Ike Ngouoni Aila Oyouomi, le porte-parole de la présidence gabonaise, a pu s’envoler pour Rabat le 27 novembre, après que Lambert Matha a levé son interdiction de voyager. De quelles alliances solides dans ce cercle Maixent Accrombessi bénéficient-il encore, si tant qu’il est toujours dans le jeu.