Alors qu’il lançait, le lundi 16 juillet à Libreville, une étude sur la stratégie nationale de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite, le président de la Commission nationale de la lutte contre l’enrichissement illicite (CNLCEI), Vincent Lebondo Le-Mali, a déclaré que quatre-vingt douze dossiers portant sur la corruption et l’enrichissement illicite ont déjà été traités et attendent d’être soumis à la Cour criminelle spéciale.

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M. Lebondo Le-Mali a relevé à l’Agence gabonaise de presse (AGP) que  «quatre-vingt-douze dossiers sont en attente de jugement». Une opération qui se fera «aussitôt que le gouvernement aura pris un décret pour convoquer cette juridiction spéciale», a-t-il précisé.

Crée en 1970, la Cour criminelle spéciale, chargée de juger les détournements de deniers publics, a été réactivée en 2009. Il ne s’agit cependant pas d’une structure permanente. Elle est convoquée par un décret spécial et ses juges ne peuvent siéger que durant deux ans. La CNLCEI attend donc que soit à nouveau mise en place cette juridiction, seule habilité à trancher sur les dossiers qu’elle a bouclés.

Selon une indication de l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique, les détracteurs de la CNLCEI «tancent sa discrétion, laissant perdurer le sentiment d’impunité, alors que les détournements de l’argent de l’État se poursuivent. Ils critiquent cette «usine à gaz», qu’ils accusent d’être un alibi pour montrer qu’il existe une volonté politique de combattre la corruption».

Le nombre d’affaires en attente de jugement montre que l’institution monte en puissance et compte bien faire mentir ceux qui la prennent pour un faire-valoir du pouvoir. Cependant, les Gabonais se demandent jusqu’où elle peut aller. Car, on sait d’emblée que dans chaque dossier figure des personnalités qu’on qualifie de «longs bras» ou «d’intouchables».

Notons que la commission a été créée en 2003. Elle est composée de magistrats, de hauts fonctionnaires et de personnalités de la société civile. Elle a pour mission d’enrailler le phénomène de la corruption et de l’enrichissement illicite, qualifiés ironiquement de sports nationaux.