Une coalition de sept Canadiens originaires d’Afrique francophone vient de déposer une plainte auprès de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Celle-ci vise l’origine des fonds investis par certaines personnalités gabonaises à Montréal au milieu des années 2000.

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La justice canadienne ouvrira-t-elle une enquête sur l’origine des fonds investis par trois personnalités gabonaises sur son territoire ? C’est l’objectif de la plainte déposée par une coalition de sept Canadiens d’origine africaine auprès de la Gendarmerie royale.

Cette coalition souhaite que la justice canadienne se prononce sur l’origine des fonds investis au Canada par trois sujets gabonais. Il s’agit de l’actuel président de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep), Lin Mombo, l’ancien président directeur général de la Poste, le sénateur Zéphirin Rayita, l’ancien directeur général des Impôts et actuel directeur de cabinet adjoint d’Ali Bongo, Joël Ogouma.

Selon le journal canadien journaldemontreal.com qui relaie l’information, la police fédérale confirme avoir reçu la plainte contre ces personnalités. «Nous évaluons présentement l’information reçue, mais ne sommes pas en mesure de confirmer la tenue d’une enquête formelle pour l’instant, afin de préserver la preuve dans le cas d’éventuelles poursuites judiciaires», a déclaré son porte-parole Vladimir Napoléon.

Cette plainte se fonde sur des informations publiées déjà, il y a quelques mois, par le bureau d’enquête «Hugo Joncas», en collaboration avec le journaliste indépendant Emmanuel Freudenthal.

Selon ce bureau d’enquête, Lin Mombo et Zéphirin Rayita auraient investi plus de 3 M$ dans un immeuble commercial à la 995, rue Wellington, Griffintown. Ils auraient acquis ce bien en 2003 pour une valeur de 3,5 M $ (taxes comprises), avec une hypothèque de 966 667 $ à la (Banque nationale de Grèce), avant de le revendre en 2007 à 3,2 M $.

S’agissant de l’ancien patron du fisc gabonais, Il aurait acquis en 2014 un appartement de plus d’un demi-million de dollars dans une luxueuse tour du Chemin du Golf, à l’Île-des-Sœurs. Cout d’achat : 546 800 $ sans hypothèque.

«Dans ce pays, il y a une richesse colossale, mais le peuple n’a rien. Ces gens-là doivent prouver que leur argent provient réellement du fruit de leur labeur», a déclaré Marina Ekome Minto’o, une Gabonaise d’Ottawa, l’une des plaignantes.