L’affectation des terres désormais formalisée, le document y relatif a été remis, le 19 novembre 2015, au président de la République, à l’occasion du quatrième Conseil national sur le réchauffement climatique.

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Le président de la République, Ali Bongo Ondimba, a réuni autour de lui les membres du gouvernement, les représentants des institutions constitutionnelles, les acteurs des organisations environnementales et des diplomates, entre autres, afin de débattre sur les questions relatives au combat que mène le Gabon dans la préservation de la nature et contre le réchauffement climatique. Pour cette quatrième réunion du Conseil national consacré au réchauffement climatique, le point d’orgue a été la remise du document relatif à l’affectation des terres au Gabon au chef de l’Etat, par Etienne Masard Kabinda Makaga, le représentant du président au Conseil climat et directeur de l’Agence gabonaise d’études et d’observations spatiales (AGEOS).

«C’est l’occasion pour moi de dresser le bilan de notre contribution à la lutte contre le changement climatique, et d’indiquer les nouvelles orientations qui doivent nous guider pour les prochaines années», a déclaré Ali Bongo Ondimba à l’ouverture de cette rencontre.

Recevant ce document, le président de la République a indiqué que le Gabon dispose enfin, pour la toute première fois de son histoire, «d’une base de données qui rassemble les informations les plus utiles sur la répartition territoriale du tissu économique de notre pays : les forêts, les mines, le pétrole, l’agriculture, la conservation et l’habitat». Et d’ajouter que «ce premier état des lieux des affectations du territoire et des concessions doit servir de base à une large concertation de toutes les parties prenantes pour construire un mécanisme intersectoriel de prise de décisions s’agissant des vocations des différentes parties notre territoire. Et cela, dans le but de garantir une exécution optimale du plan Stratégique Gabon Emergent». Ce document devrait conforter les efforts du Gabon dans la promotion du développement durable, mais plus encore de la lutte contre les changements climatiques au niveau mondial. Dans ce contexte, les objectifs visés ici épousent les ambitions légitimes de la planète entière qui veut voir réduire l’émission des gaz à effets de serre.

Se tenant à quelques jours de l’ouverture, en France, de la 21e Conférence des parties (COP 21) à la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, le Conseil national du Gabon contre les changements climatiques a également donné l’opportunité à Ali Bongo de réaffirmer la volonté du Gabon de faire partie de la solution que doit apporter l’humanité au défi complexe qu’est le changement climatique. «La réduction des gaz à effet de serre et l’adaptation des territoires et des activités humaines aux aléas climatiques imposent une véritable mutation économique», a-t-il indiqué. Pour Ali Bongo Ondimba, le Gabon soutiendra toutes les actions en faveur de la maîtrise des émissions tout en tenant compte du contexte de développement du Gabon, et singulièrement de «notre très important couvert forestier».

Dans ce contexte, on peut donc noter, selon le chef de l’Etat gabonais que «la mise en place de ce mécanisme (l’affectation des terres –ndlr-) est une priorité pour diversifier les usages compatibles, promouvoir les activités mutuellement avantageuses et réduire les gaspillages afin de produire plus de biens et de services avec le minimum de ressources».

En cela, le président de la République demandé au Premier ministre de mettre en place le cadre institutionnel approprié à cette mission. «En effet, dans un contexte national marqué par un couvert forestier de 88%, c’est cette démarche d’optimisation de l’usage des terres et des ressources qui nous permettra de concilier de façon responsable nos objectifs de développement avec notre engagement de réduire de moitié nos émissions de gaz à effet de serre, à l’horizon 2050», a déclaré le chef de l’Etat qui stipule en outre que «plus que jamais, l’enjeu est d’assurer un développement de nos activités agro-industrielles, forestières, minières et pétrolières compatible avec les enjeux environnementaux majeurs».

Pour rappel, le Conseil Climat a été créé au Gabon pour gérer l’intégration des décisions politiques au sein des plans de développement. Un partenariat avec le Brésil et la France fournit les images satellites pour surveiller les forêts tropicales. Les autres priorités sont l’amélioration de la gouvernance, la lutte contre la corruption et la préservation de l’environnement. Autant d’efforts qui nécessitent un soutien international.