Quelques heures après la fin de la 14e édition de la Fête des cultures, le ministre en charge de la Culture, Alain-Claude Billie-By-Nze, fait le bilan de l’événement.

Alain-Claude Billie-By-Nze et le ministre délégué, Laeticia Diwekou, assistant aux manifestations de la Fête des cultures 2018. © Facebook.com/ACBilieByNze

 

Gabonreview : Quel bilan tirer de cette 14e édition de la Fête des cultures?

Alain-Claude Billie-By-Nze : Le Bilan est plutôt positif dans la mesure où le pari était de tenir la fête et elle a eu lieu. Nous l’avons tenu sur trois jours. Nous avons débuté vendredi avec une forte implication des universitaires autour d’une thématique centrale: Diversité culturelle et construction de la Nation. Et là, on a eu une belle leçon inaugurale donnée par le professeur Loungou. Il a fait une radioscopie de cette diversité culturelle dans notre pays, avec un puissant questionnement: la Nation gabonaise existe-t-elle? Est-elle en construction? Que faut-il pour la construire ? Il a y également eu du théâtre lors de cette première journée. L’ouverture a eu lieu samedi avec des danses. Il est vrai que la fête a démarré samedi avec un peu de retard sur l’horaire initial, lié essentiellement au temps. Il faisait très chaud. Les groupes sont arrivés plutôt en fin d’après-midi. A partir de ce moment, le public a été très présent.

Pourquoi l’arrière-pays a-t-il été délaissé cette année dans l’organisation de cet événement?

Il ne faut pas dire qu’il a été délaissé. Il convient de préciser que la Fête des cultures n’a jamais été célébrée dans l’arrière-pays. A l’origine, c’était la fête des cultures de Libreville. Elle incluait toutes les cultures de Libreville y compris les cultures étrangères. Nous avons voulu l’étendre au reste du pays, de sorte que nous parvenions à sélectionner deux groupes par province pour venir ensuite, au mois d’août à Libreville, pour célébrer Gabon 9 provinces. Il s’est trouvé que nous avons soumis un budget qui avait été initialement discuté et ce budget a été revu, de plus de la moitié, à la baisse. Au regard de cette contrainte, nous ne pouvions plus tenir la fête dans les neuf provinces comme initialement prévu. Mais ce n’est que partie remise. Ceci n’a pas empêché l’engouement autour des troupes culturels, des artistes des neuf provinces qui étaient là et qui se sont exprimés dans tous les genres: traditionnel, tradimoderne, moderne y compris le hip hop. Cela montre bien que la Fête des cultures c’est aussi des cultures urbaines qui se sont bien exprimées.

D’aucuns estiment que trois jours ne sont pas suffisants pour explorer, vulgariser la culture gabonaise dans son entièreté.

Vous savez, la question culturelle n’est pas liée à un seul événement. Il faut plusieurs événements. La Fête des cultures dure déjà trois jours et c’est suffisant. Après, nous avons Gabon 9 provinces qui durent 9 jours. C’est un élément qu’il faut compléter. Il faut également envisager de tenir des activités culturelles en provinces parce que la culture se trouve aussi en province. C’est donc un ensemble qu’il faut arriver à compléter. Il est vrai que chaque année, on nous fait le reproche de ne faire la Fête des cultures que sur trois jours. Mais si on allait au-delà, ce ne serait plus gérable. Nous ne sommes pas en vacances. On a pris un week-end. Vous vous rendez-bien compte qu’on a dû réquisitionner deux écoles pour, d’un côté, avoir le village des enfants et de l’autre une voie de dégagement. On ne peut pas maintenir ces centres fermés les jours de classe.

Pour l’avenir, que peut-on escompter?

Nous souhaitons que la Fête des cultures soit effectivement célébrée dans toutes les provinces. Pour l’avenir, nous voulons qu’il y ait une plus grande implication des communautés étrangères vivant à Libreville, parce que c’est la Fête des cultures de toutes les communautés vivant au Gabon. Gabon 9 provinces sera encré dans la promotion des spécificités culturelles gabonaises. L’année prochaine nous verront comment intégrer la culture dans une offre touristique globale. Il s’agira donc d’en faire un vrai produit culturel autour duquel il peut y avoir des acteurs qui se mobilisent avec une professionnalisation de l’organisation de la Fête des cultures.