En ouvrant ce 8 décembre 2017, à Angondjé, le 11e Congrès ordinaire du Parti démocratique gabonais (PDG), Ali Bongo Ondimba a manifesté son désir de voir sa formation politique se transformer en parti d’actions et de réalisations.

Ali Bongo, des jeunes et des femmes à l’ouverture du 11e Congrès ordinaire du PDG, le 8 décembre 2017 à Angondjé. © Gabonreview

 

Instantanées du 11e congrès du PDG. © Gabonreview

Placé sous le signe de «la régénération et de la revitalisation», le 11e Congrès du Parti démocratique gabonais (PDG) a démarré le 8 décembre, malgré les tensions perceptibles au sein du parti.

Dans son discours d’ouverture, Ali Bongo a rappelé que «50 ans c’est le temps de la maturité». «50 ans c’est aussi le temps de dresser le bilan du chemin parcouru, et sans doute nous renouveler, nous réinventer en profondeur, à la fois sur la forme et sur le fond», a déclaré le président du PDG. S’appuyant sur la volonté qu’affichent les militants de «régénérer et de revitaliser» leur parti, il estime qu’en tant qu’institution, ce mouvement doit se renouveler, renouveler ses effectifs, s’ouvrir aux jeunes, aux femmes et à la société civile.

«Le Parti démocratique gabonais doit être à l’image de la société gabonaise. En phase et non en décalage», a-t-il dit, relevant la nécessité d’avoir plus de démocratie au sein du parti. «Et la démocratie au Gabon, comme ailleurs c’est le peuple», a déclaré Ali Bongo, invitant les membres de son parti à ne pas tourner le dos à ce peuple, mais à lui ouvrir les bras.

Face à l’irruption de courants internes qui mine la cohésion du parti, il a demandé à ce que le PDG devienne «la boite à outils des décideurs politiques». «Son rôle ce n’est pas seulement de présenter des candidats aux élections. C’est aussi de produire des idées nouvelles, de proposer des méthodes efficaces qui permettent à notre pays de mener à bien le processus de réforme dans lequel il est engagé», a-t-il précisé, prônant «l’honnêteté». «Ce n’est plus l’heure de l’hypocrisie», a averti Ali Bongo, non sans lancer des piques à ceux qui ont quitté le navire. «Malgré tout ce qui a été dit, nous assumons que nous sommes PDGistes… le PDG a survécu à tout en 50 ans…».

Relevant les préoccupations des Gabonais qui restent en grande partie axées sur l’éducation, l’emploi, l’énergie, le logement, le pouvoir d’achat, les transports, la santé, Ali Bongo veut un parti à la pointe de l’innovation, proposant des solutions les plus pertinentes, les plus novatrices, s’inspirant de ce que font les autres ailleurs et même dans le pays.

S’avançant sur les prochaines législatives, le distingué camarade du PDG a salué les conseils provinciaux qui démontrent, selon lui, le début de cette réforme du PDG et infligent «un cinglant démenti» à ceux qui voient la mort programmé de ce parti. Mais plus encore, Ali Bongo a souhaité qu’au cours des élections législatives, les candidats du parti au pouvoir se «distinguent par la vigueur de leurs idées, la pertinence de leur propositions». «Retroussons-nous les manches et remettons-nous, avec vigueur et entrain au travail», a-t-il exhorté, rappelant également que la société évolue tout comme le monde.

Avant Ali Bongo, le Secrétaire général du PDG, Eric Dodo-Bouguendza, a indiqué que les militants aspirent à des changements profonds parce que le monde évolue, et avec lui ses composantes, dont le PDG. Il s’est ainsi félicité des adhésions et des réinscriptions ayant ramené des troupes dans le navire.

Au terme de cette ouverture du 11e congrès du PDG, un vibrant hommage a été rendu par Ali Bongo à Faustin Boukoubi, l’ancien secrétaire général de cette formation, poussé à la démission quatre mois auparavant. Une véritable standing ovation pour cet homme qui a vertement critiqué l’entourage du président Ali Bongo.