Plus de trois mois après la présentation de la feuille de route du gouvernement aux parlementaires, le rapport sur les 172 mesures prioritaires devant orienter l’action du gouvernement a été remis au président de la République et ses grandes lignes communiquées aux Gabonais. On est loin du compte. 

36 mesures prioritaires réalisées sur 172. Un premier échec pour Emmanuel Issoze Ngondet ? © Primature-Gabon

 

Il y a plus de trois mois, le 13 octobre 2016, l’air sûr de lui, convaincu d’y arriver, le Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet avait annoncé aux Gabonais une série de 172 mesures. Présentées comme faisant partie des priorités devant orienter l’action du gouvernement pour ses 100 premiers jours, celles-ci touchaient tous les domaines, et avaient pour objectif de répondre «aux difficultés des situations politique, économique et sociale». La copie rendue le 25 janvier au président de la République est loin d’être de bonne qualité. Selon l’estimation du gouvernement, le taux global de réalisation est de 66%. C’est à se demander sur la base de quel calcul ce chiffre a été trouvé, d’autant que moins de la moitié des promesses a été tenue.

Ali Bongo recevant le rapport des mains du Premier ministre, le 25 janvier 2016. © Primature-Gabon

Sur les 172 mesures prioritaires annoncées, en effet, seules 36 mesures ont été entièrement exécutées. Celles-ci concernent les domaines des infrastructures, de la diplomatie, de l’économie, de l’eau et énergie, du dialogue politique, du travail, de la promotion des investissements, du budget et du sport. Et dans ce rapport de 72 pages, l’on compte 120 mesures en cours d’exécution, notamment dans les secteurs de l’habitat, de la prévoyance sociale, de l’économie numérique, de l’économie forestière, de la santé, de l’égalité des chances, de l’agriculture, des PME et de la fonction publique.

A ajouter au lot de promesses non tenues jusqu’à lors, le rapport indique que 16 mesures dites prioritaires n’ont pas connu un début de réalisation. La raison : «les inerties des structures administratives mais surtout l’indisponibilité des ressources budgétaires», s’est défendue la primature. Pour sa part, loin d’être déçu, Ali Bongo a appelé les membres du gouvernement à plus d’ardeur au travail et à «faire mieux (et) plus vite» pour «changer le sort» des Gabonais.