Plus de trois mois après l’annonce des 172 mesures prioritaires du gouvernement et la matérialisation partielle de celles-ci, les cadres du chef-lieu de la province de la Nyanga ont récemment exprimé leur déception, estimant que d’autres provinces ont été privilégiées au détriment de la leur.

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A Tchibanga, les populations sont loin de couler des jours heureux. Leur quotidien est rythmé depuis plusieurs mois voire des années par des délestages à répétition et d’autres difficultés liées au piteux état des infrastructures routières. A la faveur d’une sortie, samedi 4 février à Libreville, le collectif des cadres de la province de la Nyanga a rappelé le gouvernement à ses obligations, non sans dire son ras-le-bol du peu d’actions menées par leurs élus, supposés porter leur voix au sommet de l’Etat.

Selon le collectif, c’est notamment l’inaction du gouvernement à faire face aux nombreux déboires des populations qui explique la montée de la tension observée le 25 janvier dernier à Tchibanga. Ayant pris le risque de faire face aux agents des forces de l’ordre ce jour-là, l’objectif des populations de cette localité était de dénoncer «les coupures intempestives du courant et le caractère obsolète des installations électriques de la SEEG dans la province de la Nyanga», a indiqué Inès Cécilia Ngadji, le coordinateur général adjoint du collectif, disant ne pas comprendre que «la source qui alimente la commune de Tchibanga soit située à Bongolo via Lébamba, donc à plus de 150 kilomètres, d’autant plus que la province regorge de potentiel énergétique». Or, selon le collectif, la chute Irung’Mongu, situé à moins de 20 km de Tchibanga, ou le Metungou à Mabanda, dont les capacités de production auraient été déterminées à 1,7 milliards de kWh pour une puissance de 215 000 kW, peuvent permettre de résoudre les difficultés d’approvisionnement en électricité du chef-lieu de la Nyanga. «Actuellement, a regretté le collectif des cadres, la capacité de production de la centrale hydroélectrique de Bongolo est de 2,5 MW, tandis que la demande des seules villes de Tchibanga et de Mouila est d’environ 6,4 MW.»

Dès lors, les cadres de la Nyanga ont dit attendre du gouvernement «des mesures fortes et prioritaires allant dans le sens d’instruire la SEEG de proposer, avant le renouvellement du contrat, un vrai plan énergétique pour (leur) province, loin de l’amateurisme actuel, basé sur le saupoudrage et le provisoire». D’autant que «l’heure est grave», ont-ils estimé. Et dans le domaine de l’infrastructure routière, c’est loin d’être mieux. Les populations se sentent délaissées, abandonnées par le gouvernement. «Lors de la déclaration de politique générale du Premier ministre, les 100 premiers jours devraient voir se concrétiser la reprise des travaux sur le trajet Pegnoudou-Tchibanga distant de 30 petits kilomètres et Bilanga-Mayumba (10 km), nous constatons pour le regretter que ce tronçon n’est plus prioritaire pour le gouvernement, au détriment du seul tronçon Ovan-Makokou», s’est plaint le collectif, qui trouve «curieux» ce «changement de priorités» à l’heure de l’égalité des chances.